Les rues italiennes regardent vers la France. « Tout le monde déteste la police », lançaient, en français dans le texte, les participants ayant bravé les interdictions de manifester. Dans un cortège spontané qui a réuni des milliers de personnes dans les rues de Milan, samedi 24 octobre, beaucoup avaient en tête, au-delà des slogans, les images du mouvement social qui prend corps de l’autre côté des Alpes. A sa manière, l’Italie a d’ailleurs connu une trajectoire analogue à celle de son voisin depuis le 17 octobre.
En marge d’un grand rassemblement étudiant, des jeunes adolescents, en grande partie racisés et venus des périphéries, avaient attaqué certains commerces dans le périmètre du Duomo, la cathédrale emblématique de Milan, qui fait figure de centre commercial de luxe à ciel ouvert. Les images avaient donné lieu à une surenchère d’appels au durcissement sécuritaire, visant en priorité les mineurs de la part d’un gouvernement qui s’est illustré par une production législative répressive sans équivalent depuis son arrivée au pouvoir, il y a quatre ans. Une semaine plus tard, sous la surveillance des hélicoptères et malgré une présence massive des forces de l’ordre, les rues ne sont pas restées vides, avec des rassemblements calmes à Milan mais moins à Turin, à Bologne et à Rome où des affrontements ont eu lieu, marqués par les violences policières.
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