Si le mot “tarot” vous évoque des soirées ésotériques dans un appartement bobo et des odeurs de patchouli, vous serez surpris d’apprendre qu’une institution aussi prestigieuse que la Morgan Library & Museum [à New York] consacre en ce moment une exposition très fouillée au jeu de cartes en question. Essentiellement connu aujourd’hui pour l’usage détourné, divinatoire, qu’on en fait, il n’avait rien d’aussi léger au départ : tout était sérieux dans le tarot, son prix à l’achat, le jeu en lui-même, la conception artistique. Ce que l’exposition “Tarot ! Symboles de la Renaissance, interprétations modernes” démontre avec brio, et sans boule de cristal.

La première partie de l’exposition est consacrée aux origines du tarot, aux XVe et XVIe siècles, la seconde à ses diverses déclinaisons à l’époque moderne. La première a pour commissaires Joshua O’Driscoll et Francisco Trujillo, la seconde Claire Gilman et Esther Levy.

Chaque carte est un superbe tableau

Les trois jeux de tarot les plus anciens à être parvenus jusqu’à nous sont l’attraction principale de l’exposition. Ce sont des reliques fascinantes et un véritable régal pour les yeux. Au-delà de leur fonction de cartes à jouer, les jeux Visconti di Modrone (vers 1441-1442), Brambilla (vers 1444-1445) et Visconti-Sforza (vers 1456-14