Les fleurs semblent tout droit sorties d’un livre de contes, avec leurs pompons roses qui éclosent entre des boules couleur de feu et autres rosaces lavande. Un groupe d’écoliers en vacances pousse des cris d’émerveillement en découvrant des touffes de pétales jaunes plus larges encore que leur tête. En cette fin de l’été, yeux écarquillés et téléphones brandis, les visiteurs se délectent des dahlias de San Francisco.

“On a parfois du mal à croire qu’ils sont réels”, s’extasie Deborah Dietz, 75 ans, en s’agenouillant pour examiner une délicate petite fleur mauve dans le Dahlia Dell, le jardin du Golden Gate Park [le plus grand parc de San Francisco, d’une superficie supérieure à celle de Central Park, à New York]. En comparaison avec les roses ou les orchidées, les dahlias sont plus sauvages et variés, et séduisent davantage les rêveurs que les perfectionnistes. Dans l’imaginaire de générations d’habitants de San Francisco, ils incarnent l’essence même de la ville.

Cent ans de dahlias à San Francisco

À l’aube du XXe siècle, la ville s’est bâti la réputation d’être le meilleur endroit du monde pour faire pousser ces fleurs originaires du Mexique. Des concours annuels de dahlias se tenaient au sein du somptueux Palace Hotel [un hôtel de luxe historique du centre-ville], où un tube