L’écrivain québécois originaire de Haïti Thélyson Orélien est suspecté d’avoir eu recours à l’IA pour rédiger C’était ça ou mourir [éd. Grasset], roman très en vue de la rentrée littéraire évoquant l’immigration forcée. Des voix d’extrême droite ont [été les premières à] relayer l’accusation, lui donnant une grande visibilité. La défense de l’écrivain est mise à mal par le plagiat (avéré et documenté par le journal québécois La Presse) auquel il s’est adonné par le passé dans des chroniques. Depuis, la polémique oblige le monde du livre à prendre position autour de l’usage de l’IA.

Elle éclaire aussi la façon dont les écrivains venus des marges caribéennes et africaines de la francophonie sont accueillis, ou pas, et à quelles conditions, par le centre, parisien et blanc. En 2010, Michel Houellebecq était montré du doigt pour avoir repris, sans citer sa source, de larges passages de Wikipedia dans La Carte et le territoire [éd. Flammarion]. La polémique ne l’avait pas empêché de recevoir le Goncourt la même année.

L’auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, Goncourt 2021, a défendu Thélyson Orélien sur les réseaux sociaux : “On ne peut pas ignorer ou minorer, dans cette affaire, la dimension raciale des accusations”, estime-t-il sur Facebook.

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Mise en perspective avec Christine Le Quellec Cottier, professeure [associée] à la faculté des lettres de l’université de Lausanne qui a conçu le programme “Études africaines : textes et terrains” et coordonne le centre Focus Africa [un pôle de l’université de Lausanne qui encourage et valorise les projets de recherche et d’enseignement liés au continent africain et ses diasporas].

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