La police antiterroriste britannique chargée de l’enquête sur l’alerte survenue dimanche autour de la base militaire de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, a annoncé, mardi 29 septembre, qu’elle n’avait trouvé « aucun engin explosif » dans les véhicules des suspects.
Ces cinq hommes, tous britanniques et âgés de 23 à 25 ans, avaient initialement été arrêtés pour « préparation d’acte terroriste » près d’une base de la Royal Air Force utilisée par l’armée américaine, avant d’être remis en liberté sous caution lundi.
Leurs véhicules « ont fait l’objet d’examens approfondis, menés avec l’appui de moyens militaires et d’experts de la police scientifique, et nous sommes en mesure de confirmer qu’aucun engin explosif improvisé n’a été découvert », a déclaré le chef de la police antiterroriste, Laurence Taylor, cité dans le point de situation de la police. En revanche, « de l’essence en quantité a été saisie », a-t-il ajouté.
L’annonce de la libération des cinq hommes avait créé la surprise au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. « Je comprends que ce rebondissement puisse en surprendre plus d’un, mais je tiens à rappeler qu’il s’agit d’une décision purement d’enquête, fondée sur notre expérience et sur un examen rigoureux du cadre légal », s’est justifié M. Taylor dans le communiqué.
L’Iran a « catégoriquement » nié toute implication
« Je n’aurais pas fait ça », a commenté le président américain, Donald Trump. Il avait réagi, dimanche, en disant que les suspects voulaient causer « de gros dégâts » et étaient dans le viseur des Etats-Unis « depuis longtemps ». Pour le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, l’affaire implique « clairement un acteur étranger ». Il a toutefois refusé de livrer « des détails à ce sujet ».
Sur place, un retour à la normale semble se dessiner. Mardi matin, la zone était toujours entourée d’un important dispositif policier. Les habitants du village voisin, qui avaient été évacués par précaution, dimanche, ont été autorisés à regagner leur domicile lundi soir.
« Nous continuons de réduire le nombre de sites d’enquête autour de la base de la Royal Air Force de Fairford et nous prévoyons de les fermer complètement d’ici à demain », a précisé M. Taylor dans le communiqué.
Depuis mars, la base de Fairford est utilisée par les Etats-Unis dans leur guerre contre l’Iran pour des « opérations défensives ». Téhéran a « catégoriquement » nié être impliqué dans tout projet d’attaque contre la base, à la suite d’articles rapportant que la police britannique enquêtait sur une éventuelle responsabilité de l’Iran.
« Beaucoup de bruit pour rien »
« Nous explorons de multiples pistes, a déclaré, lundi, le chef de la police antiterroriste. Nous examinons toutes les hypothèses possibles, y compris celle selon laquelle cet acte aurait pu être commis par des intermédiaires ou par des individus agissant, sciemment ou non, pour le compte d’un Etat étranger. »
L’alerte avait été donnée par une agricultrice, dans la nuit de samedi à dimanche. Elle a affirmé avoir appelé la police pour signaler « trois véhicules suspects qui semblaient se diriger vers la base ».
Elle a raconté à la BBC, lundi matin, avoir vu « un important groupe d’hommes masqués » alors qu’elle rentrait de soirée. Selon des images aériennes des camionnettes, celles-ci transportaient des fûts, et au moins l’une d’entre elles portait un faux logo, donnant l’impression qu’elle appartenait à une entreprise de transport de carburant.