Alors que les premiers écoliers allemands s’apprêtent à reprendre les cours dès lundi prochain, la Frankfurter Allgemeine Zeitung publie ce jeudi 6 août un plaidoyer pour l’apprentissage de la langue de Molière, en constante perte de vitesse outre-Rhin. Avec ce titre sans ambiguïté : “Apprenez le français !”, et ce surtitre qui ne l’est pas moins : “C’est plus important que l’espagnol.”

Ces vingt dernières années, le nombre d’élèves apprenant le français a chuté, de près de 1,8 million à moins de 1,3 million actuellement. D’autres matières connaissent des baisses comparables, comme le latin, passé de 820 000 élèves à 540 000 sur la même période.

À lire aussi : Vu du Royaume-Uni. “Maîtriser le français est fichtrement dur, OK Bruno Retailleau ?”

En cause : l’espagnol, qui a le vent en poupe dans les écoles. Et qui vient de recevoir un nouveau coup de pouce, provoqué par la victoire de la Coupe du monde de football par la sélection espagnole, en plus de sa réputation d’être “plus accessible, plus mélodieux, plus cool et plus sexy” que le français. “On ne peut certes pas parler de domination quand on compare les 530 000 d’élèves qui apprennent l’espagnol aux 7 millions qui apprennent l’anglais”, écrit le correspondant économique de la FAZ à Paris, Niklas Záboji. Mais l’intérêt pour cette langue a doublé en vingt ans.

À lire aussi : Vu du Royaume-Uni. Comme les Français, résistons à l’invasion linguistique américaine

Pourtant, précise le quotidien conservateur préféré de l’intelligentsia allemande, lorsqu’il s’agit de choisir une langue à des fins professionnelles, le français offre encore bien plus d’avantages. “Un Allemand aura plus de probabilités d’entrer en contact avec des francophones dans sa vie professionnelle qu’avec des hispanophones.” Un constat qui vaut autant pour le monde diplomatique que pour le secteur privé, qui recherche des personnes capables de naviguer dans l’environnement truffé de pièges linguistiques et culturels des coopérations franco-allemandes.

Notre newsletter consacrée à ce que la presse étrangère écrit de meilleur et de pire sur l’Hexagone

Cette newsletter est réservée à nos abonnés

Je m’abonne