De fortes explosions ont retenti, tôt samedi 19 septembre, à Riyad, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) après une alerte aérienne émise par les autorités d’Arabie saoudite. C’est une première dans la capitale du royaume depuis l’intensification des combats au Yémen voisin.
« La zone est concernée par une menace aérienne hostile », a averti un message reçu par les habitants de Riyad sur leur téléphone peu avant 3 heures locales (2 heures en France), les appelant à rester à l’intérieur. Des journalistes de l’AFP ont ensuite entendu deux explosions, et l’alerte a été levée environ une demi-heure plus tard par la défense civile.
L’Arabie saoudite est régulièrement attaquée ces derniers jours par les houthistes pro-iraniens qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin et viennent d’effectuer une percée spectaculaire face au gouvernement reconnu par la communauté internationale, soutenu par une coalition menée par Riyad.
Situation inédite à Riyad
Les houthistes ont notamment pris le contrôle du détroit stratégique de Bab Al-Mandab et imposent un blocus aux pétroliers saoudiens. Mais c’est la première fois qu’une alerte aérienne est activée à Riyad même depuis l’intensification des dernières semaines.
La guerre a éclaté en 2014 quand les houthistes ont pris le contrôle de la capitale, Sanaa, puis d’autres régions, déclenchant en mars 2015 une intervention militaire menée par l’Arabie saoudite. La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les combattants pro-iraniens ont défié le contrôle de Riyad sur l’espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.
Au moins 112 000 personnes ont été déplacées au Yémen et près de 3 000 autres se sont réfugiées à Djibouti depuis la reprise des combats début septembre dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, selon les derniers chiffres de l’ONU.