Au bonheur du gras!
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Le gras, c'est la vie et c’est vrai. Après l’eau, c’est du gras dont notre organisme a besoin. Notre organisme est constitué d’acides gras, notre cerveau par exemple est constitué de 60% de lipides, on en a un besoin vital, et au-delà de l’aspect physiologique, le gras c’est aussi un formidable vecteur et exhausteur de goût !
Le gras : vital et injustement accusé de bien des maux
Comme le corps a besoin de gras, l’évolution lui a appris à le stocker. Le gras est bien souvent accusé de tous les maux, or c’est oublier que « le métabolisme nous a fait comprendre que nous stockons tout sous forme de gras : quand on mange du sucre, on le transforme en gras pour pouvoir le stocker car c’est notre seule manière de stocker de l’énergie ». La clé, comme souvent, réside dans la diversité.
« Notre corps humain, explique Christophe Lavelle, est le résultat d’un processus de millions d’années d’évolution et pendant l’immense majorité de ces années, le gras était très rare parce que peu disponible dans la nature, qu’il soit végétal ou animal, et chez nos ancêtres au Paléolithique, c’était vraiment la quête du gras. Aujourd'hui le gras est surabondant pour une raison d’agro-industrie parce que c’est un des composés les plus faciles et les moins chers à produire. Donc si on raisonne purement en termes de calories, un être humain a besoin de 2000 calories. La manière la moins chère d’avoir ces calories, c’est à travers le gras. Et le sucre, c’est à peu près pareil, donc ces deux molécules qui sont le gras pur et le sucre pur sont ce qui coûte le moins cher et elles sont aujourd'hui surabondantes. Le changement de paradigme vient de là. Après tous les gras – les graisses et les huiles de palme ou d’olives –, ces triglycérides, notre corps a appris à les transformer tous sauf le gras trans, pur produit de l’industrie, que notre corps ne sait pas reconnaître puisque ce n’est pas naturel. »
Le gras vital est doublement bon quand on apprécie sa diversité, et qu’on choisit du gras naturel.
Le paradis du goût
Le gras s’imprègne des goûts qu’il transporte et intensifie. C’est un allié gourmandise précieux, un voleur magique de saveurs : un corps gras a toujours du goût, mais le goût de l’environnement. Dans cette émission, nous nous penchons sur les autres gras, les autres beurres – végétaux ceux-ci, très présents dans les cuisines d’Afrique subsaharienne, de la pâte d’arachide au beurre de karité à l’huile rouge. Précision de la cheffe Anto : « Dans les noix de palme, il y a la pulpe qui va donner l’huile rouge et les amandes à l’intérieur qui donnent aussi une huile jaune foncé appelée l’huile de palmiste qui a un goût de noisette, avec laquelle on peut cuisiner et qui est aussi utilisée en cosmétique. »
Les purées, pâtes et les huiles artisanales
La cheffe Anto et Kpénahi Traoré racontent la différence de couleurs des pâtes d’arachide due à la torréfaction des arachides ou des cajous : « D'un point de vue artisanal, comme certains résidus, des bouts de fruits restent dans l’huile ou la pâte, se conserveront moins bien, mais, ajoute Christophe Lavelle. On peut se souvenir de l’adage : meilleure elle est pour la santé, le plus rapidement elle se périme car plus riche en acides gras polyinsaturés, les meilleurs mais les plus sensibles à l’oxydation : l’idéal est donc d’en faire souvent ! »
Avec Christophe Lavelle, biophysicien, chercheur au CNRS, enseignant, passionné d’alimentation et de fermentation, cuisinier, il signe notamment Plaidoyer pour le Gras avec Frédérick e. Grasser-Humair aux éditions Hachette Pratique. Christophe Lavelle milite pour un retour en cuisine dans la joie et la bonne humeur. Une activité saine et quotidienne, qui permet d’être maître de son alimentation, et donc de limiter les plats industriels et les produits ultra transformés saturés avec du gras trans, le gras qui tue.
Anto Cocagne : cheffe, cuisinière, présentatrice d’émissions télévisées, autrice de Goûts d'Afrique et Mon Afrique aux éditions Mango. Elle est aussi la fondatrice de l’épicerie Baraka.
Clémence Catz : autrice engagée, formatrice à l’Institut de Naturopathie Humaniste. Elle a publié plusieurs livres aux éditions de La Plage, dont Les autres beurres.
Kpenahi Traoré est journaliste, productrice de l’émission Un jour au village sur RFI. Retrouvez-nous dans son émission consacrée au gras en écho à celle du Goût du monde.
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L'assiette du futur : avec ou sans viande ?
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À découvrir : le rendez-vous C’est dans ta nature de Florent Guignard et notamment celui-ci sur les acides gras et les algues.
Beurre de karité
Le sésame des snacks de Boromo sur la route de Ouaga à Bobo Dioulasso
Mayonnaise à l’huile de palme par le chef Harouna Sow
Retrouvez les deux saisons de « Recette de poche » sur la chaine Youtube de RFI ou en podcast.
Programmation musicale : Naturally de Nectar Wood.
La recette
Mayonnaise végétale de Clémence Catz – Recette issue de Les autres beurres éditions La Plage
Ingrédients pour une portion pour 3-4 personnes : 1 cuillère à soupe de purée de noix de cajou, 1 cuillère à soupe de yaourt de soja, 1 cuillère à café bombée de moutarde, 1 cuillère à café de vinaigre de cidre, sel.
Préparation :
Mélangez vivement la purée de cajou et le yaourt de soja, puis ajoutez la moutarde, le vinaigre et une belle pincée de sel. Conservez au réfrigérateur dans une boite hermétique et consommez dans les jours.
Variante : colorez vos dips avec du jus de betterave, du curcuma en poudre, ou du charbon actif. Vous pouvez aussi remplacer la purée de cajou par votre purée d’arachide ou de sésame préférée, et la moutarde par du miso. Vous pouvez aussi parfumer avec de l’ail écrasé, des fines herbes ou du gingembre frais.
Le riz au gras de la cheffe Anto Cocagne
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