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Au bord d’une rivière, une jeunesse sublimée par Caleb Stein

Depuis une douzaine d’années, le Britannique Caleb Stein, 32 ans, photographie les jeunes de Poughkeepsie, dans l’État de New York, sur les bords de l’Hudson. Sa série est devenue un livre, “Down by the Hudson”, salué par la presse anglo-saxonne.

Au bord d’une rivière, une jeunesse sublimée par Caleb Stein
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Photo. Au bord d’une rivière, une jeunesse sublimée par Caleb Stein

“Peu de temps après son installation à Poughkeepsie pour ses études, en 2013, Caleb Stein est tombé amoureux, commence le site britannique Dazed. D’abord d’Andrea Orejarena, comme lui étudiante au Vassar College et qui est aujourd’hui sa compagne. Puis du site de baignade local qu’elle lui a montré : un ‘coin de paradis’ au bord de l’Hudson, niché derrière un drive-in, à la périphérie de la ville.”

Le photographe britannique y revient depuis sans relâche tous les étés. Une douzaine d’années d’un travail sensible sobrement baptisé Down by the Hudson, qui vient d’être publié par Palo Press et est salué par la presse anglo-saxonne.

Leo, Lexi, Lily, Willa. The Watering Hole, 2022.

“C’est tout de suite devenu l’endroit où nous passions tout notre temps libre, raconte Caleb Stein, 32 ans, à Dazed. J’ai immédiatement été fasciné par la manière dont cet endroit permettait à des gens de tous horizons de se retrouver, de se détendre et de se rafraîchir.”

Située à une heure et demie au nord de New York, Poughkeepsie, petite ville de 30 000 habitants (qui a vu naître Lee Miller), a longtemps prospéré grâce à IBM, avant de subir une brutale désindustrialisation au début des années 1990, contextualise le magazine spécialisé F-Stop.

Matthew and Oden. The Watering Hole, 2018.

“L’objectif de Caleb Stein ne réduit pas la nature à un simple arrière-plan décoratif. Il en fait le théâtre d’une enquête sociologique et intime sur l’Amérique moderne, le concept de frontière et le sentiment d’appartenance, souligne F-Stop. C’est une enquête qui fuit la rhétorique du déclin postindustriel et préfère se concentrer sur ce qui résiste, ce qui se renouvelle et sur la grâce ordinaire d’une humanité prise dans toute sa vulnérabilité.”

Rain Storm. The Watering Hole, 2024.

Nate Balancing a Log. The Watering Hole, 2022.

“Les portraitssont spontanés,androgynes,et dégagentdélicatesse,empathieet tendresse.”

Le site spécialisé Urbanautica

Pour le site spécialisé Urbanautica, cette série “traite de la jeunesse et de la vie” : “On y trouve le jeu, l’eau, l’intimité, la peau et la nature comme refuge. Et on y voit des ados faire ce que font les ados.”

Un temps suspendu où de jeunes adeptes du mouvement Maga plongent aux côtés de sans-papiers sous la menace de l’ICE, la police de l’immigration, où des bandes de filles côtoient de jeunes hommes aux identités frêles.

Matthew, Jackson, and Oden. The Watering Hole, 2018.

Portraits individuels ou photos de groupe cohabitent dans le livre et on sent dans chaque image une attention à l’histoire de chacun.

Car au fil des ans, certains de ses sujets sont devenus des amis proches, raconte Dazed, d’autres n’ont fait qu’une fugace apparition sur le site de baignade.

Mais à chaque fois, Caleb Stein a pris le temps d’un échange. Une conversation pour nourrir le regard.

Down by the Hudson, rebondit Urbanautica, “s’apparente davantage à un journal intime, dans lequel la personne observée et l’observateur ne font plus qu’un”.

“Dans les photosde Caleb Stein,l’eau devientune véritable peauque les jeunes corpsrevêtent dans une sortede chorégraphiefluide et musicale.Un élément dans lequelle poids et le stressde la vie quotidiennes’évanouissent l’espaced’un instant pour laisserplace à une formede répit et de purification.”

Le magazine spécialisé F-Stop

Sanjay & Sherika. The Watering Hole, 2020.

Hunter, with Eye-Shaped Shadow. The Watering Hole, 2025.

Le photographe, un temps assistant du grand Bruce Gilden, confirme dans une interview donnée à Urbanautica : “Je suis très inspiré par cette phrase d’Édouard Glissant : ‘Je change, par échange avec l’autre’” – le penseur et poète martiniquais ajoutait : “Sans me perdre ni me dénaturer.”

Le travail de Caleb Stein sera présenté sur le stand de son éditeur à la 29e édition de Paris Photo, du 12 au 15 novembre, au Grand Palais.—

Matthieu Recarte
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