Un “état de profonde consternation, de tristesse” et d’“embarras”.

C’est ainsi que Cármen Lúcia, seule femme juge du Tribunal suprême fédéral (STF), a exprimé, mardi 15 septembre, son ressenti face à la crise sans précédent qui secoue la plus haute juridiction du pays, à moins de trois semaines de l’élection présidentielle, qui devrait opposer le président sortant de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien dirigeant d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

Ces propos ont été tenus alors que les dix juges du STF étaient réunis en session plénière extraordinaire pour décider – une première – de l’ouverture ou non d’une enquête du Tribunal suprême sur l’un de ses propres membres, Alexandre de Moraes, et ses liens avec l’homme d’affaires Daniel Vorcaro, accusé d’avoir orchestré, par l’intermédiaire de sa banque, Master, la plus grande fraude financière de l’histoire du Brésil, explique la correspondante à São Paulo d’El País América.

Une affaire “complexe”, qui “éclabousse” aussi d’autres magistrats et des responsables politiques de tous bords, dont Flávio Bolsonaro. Et qui met la plus haute institution juridique “sur le banc des accusés”, comme le titrait à la une l’hebdomadaire conservateur Veja début septembre.

La séance plénière, reportée sine