Une simple conversation par messages interposés, et c’est l’une des plus solides institutions de la démocratie brésilienne qui vacille. Mardi 1er septembre, la police fédérale a rendu publics des échanges entre Alexandre de Moraes, juge du Tribunal suprême fédéral (TSF), responsable de la condamnation de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2023), et Daniel Vorcaro, banquier au cœur d’un gigantesque scandale politico-financier, en prison depuis le 4 mars.
En cours depuis plus d’un an, l’affaire Master n’en finit pas de ternir la réputation du TSF. Pour Felipe Recondo, journaliste et chercheur spécialiste du TSF, la mise en cause d’Alexandre de Moraes, bête noire du camp bolsonariste, redonne de l’espace aux discours anti-Etat de droit portés par l’extrême droite alors que le premier tour des élections présidentielle et législatives doit se tenir le 4 octobre : « Moraes étant le juge qui a piloté les enquêtes sur la tentative de coup d’Etat [du 8 janvier 2023] et étant juge rapporteur du procès ayant conduit Jair Bolsonaro en prison, il est évident que l’extrême droite exploite la situation. »
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