Étonnamment, David Ellingsen n’est pas vraiment intéressé par le concept du beau. “Beaucoup de photographes saisissent la beauté de la nature avec un grand talent. Je n’ai jamais voulu faire ça”, nous explique le Canadien au bout du fil, alors qu’il est installé face à l’océan, dans son île Cortes natale, sur la côte ouest de son pays.

Il n’est que 7 heures du matin chez lui, mais David Ellingsen est bien réveillé pour aborder la genèse et l’ambition de son projet photographique Days of Plenty. An Archive of Abundance [“Jours de profusion. Une archive de l’abondance”].

La famille de David Ellingsen est arrivée sur l’île canadienne en 1887. Ces “colons”, comme il les appelle, étaient fermiers, chassaient le gibier et coupaient des arbres. C’est dans cet environnement que David est né, “le tout dernier jour de l’année 1969”, précise-t-il. Il était donc de ce monde quand les ressources ont commencé à s’amenuiser, au début des années 1970.

Faire le deuil

Dans sa série commencée en 2019, et qui compte aujourd’hui une vingtaine de réalisations – elle est amenée à s’agrandir –, cet environnementaliste convaincu opère un retour vers le passé. À travers ces collages constitués à partir d’images tirées de fonds d’archives et prises à des époques différentes, David Ellingsen entend soigner