Mark Carney n’a jamais été aussi populaire. Dans le dernier sondage Abacus Data publié dimanche 27 septembre, 56 % des Canadiens disent avoir une opinion favorable de leur premier ministre libéral. Son principal rival, le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre, est relégué à plus de 20 points derrière.
Cette « carneymania », comme la surnomme Avi Lewis, le chef du Nouveau Parti démocratique (gauche) et plusieurs médias nationaux, doit beaucoup à Donald Trump. La guerre commerciale menée par le président américain contre le Canada et les soubresauts à répétition entre les deux pays voisins ont offert à M. Carney un terrain taillé sur mesure. L’ancien banquier central, rompu aux crises – il a dirigé le Banque du Canada durant la crise financière de 2008 et la Banque d’Angleterre au moment du Brexit – a su se saisir de l’affrontement commercial avec Washington pour apparaître comme l’homme providentiel, à même de défendre les intérêts canadiens face à des Etats-Unis devenus imprévisibles.
« Le contexte américain explique presque tout de la cote de popularité de M. Carney. Beaucoup de gens lui font confiance pour gérer les circonstances particulières de la relation avec les Etats-Unis », estime Alex Marland, professeur de science politique à l’université Acadia (Nouvelle-Ecosse). L’institut de sondage Angus Reid a baptisé le phénomène le « Trump Bump » : la popularité du premier ministre progresse à mesure que la relation avec Washington revient au premier rang des préoccupations des Canadiens.
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