Donner au président le pouvoir de décréter, seul et sans l’aval du Congrès, un état d’exception pendant huit mois : c’est l’une des réformes constitutionnelles présentées lundi 17 août au Sénat par le président de la République, José Antonio Kast, provoquant un tollé au Chili. Le projet soulève l’inquiétude, tant dans l’opposition qu’au sein du camp du dirigeant d’extrême droite.
Outre la gauche, les trois principaux partis de droite, alignés sur le Parti républicain de M. Kast − l’Union démocrate indépendante (UDI), Renovacion Nacional (RN) et Evolucion Politica (Evopoli) −, ont rejeté le texte.
Guillermo Martinez, le président de l’UDI, a affirmé qu’en l’état, son parti « ne peut pas soutenir » ces réformes qui « portent atteinte aux institutions ». « C’est ainsi que meurent les démocraties », a tancé le sénateur Matias Walker Prieto (Evopoli), qualifiant le projet de « folie ». La présidente du Sénat, Paulina Nuñez (RN), a demandé au gouvernement de retirer sa proposition. Quant à Franco Parisi, dirigeant du populiste Partido de la Gente (« parti des gens »), qui ne soutient le gouvernement qu’au cas par cas, il a assuré que ses députés ne la voteraient pas.
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