[Cet article est à retrouver dans notre hors-série Géopolitique : l’arme de l’économie, en vente à partir du 30 septembre chez votre marchand de journaux et sur notre site.]

13 % du commerce maritime mondial

C’est l’une des principales voies navigables au monde : 13 % de l’ensemble du commerce maritime y transite. Passage le plus court entre l’Europe et l’Asie, le canal de Suez, long de 193 kilomètres et large de 300 mètres, a été creusé au XIXe siècle sous l’impulsion de Ferdinand de Lesseps. Contrôlé par l’Égypte, il est au cœur des crises géopolitiques au Moyen-Orient. En 1967, il ferme pour huit ans en conséquence de la guerre des Six Jours. En 2023, à la suite du conflit à Gaza, les rebelles houthistes au Yémen s’attaquent aux cargos et font chuter le trafic.

75 % des exportations européennes

Situé sur l’itinéraire du canal de Suez, détroit de Bab El-Mandeb, large de 26 kilomètres à son point le plus étroit, représente un quart de l’approvisionnement énergétique mondial. Il enregistrait 13 % du trafic maritime mondial en 2023, dont 75 % des exportations européennes – la seule autre route, par le cap de Bonne-Espérance, suppose un détour de 6 500 kilomètres. En représailles à la guerre à Gaza, en 2023, les houthistes yéménites déclenchent la crise de la mer Rouge et font chuter le trafic. En septembre 2026, ils renforcent leur emprise sur cette voie essentielle en prenant le contrôle d’une île du détroit.

40 % des conteneurs américains

Par cette voie longue de 80 kilomètres ne transite que 3 % du commerce maritime mondial, mais 40 % des conteneurs américains. En 2024, le président Trump a menacé de reprendre le contrôle du canal de Panama, dénonçant l’influence de la Chine. En février 2026, le Panama a annulé les concessions portuaires du groupe hongkongais CK Hutchison. Le conflit en Iran a fait s’envoler ses tarifs. Depuis le 3 septembre 2026, le phénomène climatique El Niño oblige les autorités à réduire le trafic, en raison du trop faible niveau d’eau.

Une route migratoire majeure

Unique passage maritime entre l’Atlantique et la Méditerranée, le détroit de Gibraltar est l’une des voies commerciales les plus fréquentées du monde. Ce couloir de 14 kilomètres de large à son point le plus étroit voit passer chaque année 100 000 navires commerciaux en moyenne. La libre circulation y est garantie depuis la convention de Montego Bay de 1982 entre l’Espagne, le Maroc et le territoire britannique de Gibraltar. Le détroit est un point de passage de l’immigration clandestine, dans une zone secouée en juillet 2026 par la crise de Ceuta (80 000 migrants ont afflué du Maroc dans l’enclave espagnole).

20 % des échanges par bateau

Long de 358 kilomètres, le détroit de Taïwan, qui sépare la Chine continentale de l’île de Taïwan, concentre un cinquième du commerce maritime mondial. La Chine y conteste la libre circulation en même temps qu’elle considère Taïwan comme une province séparatiste. Les conséquences d’un blocage seraient dramatiques pour l’île, qui dépend presque entièrement des importations pour son énergie et ses matières premières.

Une marchandise sur quatre sur les mers

À son point le plus étroit, le détroit de Malacca, axe stratégique, ne mesure que 2,7 kilomètres de large. Une marchandise sur quatre expédiée par bateau transite par ce long couloir maritime (930 kilomètres, dont seule la partie méridionale, la moins large, est visible sur cette carte). C’est la principale route de transport d’hydrocarbures de la Chine et du Japon. En avril 2026, l’Indonésie a menacé d’introduire un péage, avant de faire marche arrière face à la levée de boucliers.