Le régime militaire au pouvoir au Niger a affirmé, samedi 29 août, « reprendre progressivement le contrôle » face à des mutins qui ont « entrepris de séquestrer » des soldats dans la base militaire attenante à l’aéroport de Niamey et « effectué des tirs sur certains sites sensibles » de la capitale.
Dans un communiqué lu à la télévision publique et signé du ministre de la défense, le général Salifou Mody, les autorités appellent la population à « garder son calme et vaquer librement à ses occupations ».
Des tirs nourris ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale depuis le milieu de la nuit, notamment aux abords de la présidence et de l’aéroport international Diori-Hamani qui jouxte la base militaire 101, point névralgique du régime au pouvoir depuis un putsch perpétré en juillet 2023.
« Un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire a entrepris de séquestrer certains de leurs camarades dans la caserne de la base 101 de Niamey et d’effectuer des tirs sur certains sites sensibles de la ville de Niamey », a précisé le général Mody. « La prompte réaction des forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire ce mouvement d’humeur et de reprendre progressivement le contrôle de ces sites », a-t-il ajouté.
Onze soldats tués en juin
L’aéroport de Niamey a été visé deux fois cette année par des djihadistes, d’abord par l’organisation Etat islamique dans la nuit du 28 au 29 janvier, puis le 18 juin par leurs rivaux du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaida. Les deux attaques avaient été repoussées par l’armée, mais, en juin, onze soldats et deux civils avaient été tués.
Le Niger est dirigé par une junte qui peine à endiguer les violences djihadistes qui frappent le pays. Après l’attaque de janvier, le général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis le putsch de juillet 2023, avait évoqué « une faille dans le dispositif » sécuritaire qui avait « permis l’attaque », dont « l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée.
En avril, le JNIM avait durement frappé le Mali voisin, également gouverné par une junte, jusque dans la capitale, Bamako. Le Niger fait face depuis le milieu des années 2010 aux djihadistes, contre lesquels il peine à lutter, comme ses voisins, le Burkina Faso et le Mali.
Les trois pays, tous gouvernés par des juntes, ont formé une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et ont notamment tourné le dos à la France, leur ancien partenaire-clé dans la lutte antidjihadiste, pour se rapprocher de la Russie. La junte de Niamey accuse régulièrement l’ex-puissance coloniale de financer les djihadistes pour le déstabiliser, ce que Paris nie.