Voilà maintenant trois ans que Mohamed Bazoum, et son épouse, Hadiza, ne sont pas sortis à l’air libre. Trois ans qu’ils sont enfermés entre quatre murs à Niamey, la capitale du Niger, sans même une promenade quotidienne comme y ont droit les détenus de droit commun. Depuis qu’il a été renversé par le chef de sa propre garde rapprochée, le général Abdourahamane Tiani, le 26 juillet 2023, l’ex-président nigérien est séquestré dans l’enceinte du palais présidentiel.
Sous surveillance permanente de gardes armés, le couple est détenu dans un appartement de son ancienne résidence, composé d’une chambre, d’une salle de bains et d’un petit salon, desservis par un couloir de quelques mètres où faire quelques pas. Il a interdiction d’en sortir. Même aérer leur est impossible : toutes les fenêtres ont été verrouillées. Leurs seules visites sont celles de leur médecin personnel, une à deux fois par semaine. Plus qu’un docteur veillant sur leur santé, toujours « bonne », selon leurs proches, il est leur dernier lien avec le monde extérieur : il leur donne des nouvelles de la famille et des amis, leur apporte des livres et surtout de la nourriture – leur cuisinier personnel, un temps autorisé, a fini par cesser ses activités.
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