Le gouvernement nigérian a annoncé, mercredi 5 août, la libération de 308 victimes d’enlèvements, dont 163 enlevées plus tôt cette année dans un seul village.
« Le président Bola Ahmed Tinubu se félicite chaleureusement du sauvetage réussi de 308 citoyens nigérians qui avaient été enlevés lors de différentes attaques dans les Etats du Niger et de Kwara », a déclaré le porte-parole présidentiel, Bayo Onanuga. Il a précisé que 163 provenaient de Woro « et 145 de l’Etat du Niger ». Les victimes ont été libérées d’un lieu situé dans la forêt du parc national du lac Kainji.
Les enlèvements contre rançon perpétrés par des groupes criminels, des djihadistes et des gangs connus sous le nom de « bandits », sont récurrents au Nigeria, en particulier dans les zones du nord et du centre du pays où la présence de l’État est limitée. En février, des djihadistes présumés ont attaqué le village de Woro, dans l’Etat de Kwara, près de la frontière avec le Bénin, tuant plus de 150 personnes et en enlevant un certain nombre resté indéterminé.
Les vastes forêts et réserves du pays, souvent mal contrôlées, se sont transformées en repaires pour les groupes criminels nigérians.
« Plus grande opération de sauvetage »
Il s’agissait de « la plus grande opération de sauvetage jamais menée en une seule journée », a affirmé M. Onanuga.
Des djihadistes présumés ont semé la terreur à Woro près avoir envoyé une lettre au village pour annoncer leur intention de prêcher, sans que personne ne se présente. Ils ont incendié des maisons, tué plus de 165 personnes et enlevé un nombre indéterminé d’habitants, ont déclaré des résidents à l’Agence France-Presse à l’époque, même si les autorités locales ont communiqué un bilan inférieur.
Selon les médias, le nombre de personnes enlevées s’élevait à 176 − bien que vendredi encore, la police de l’Etat de Kwara ait assuré que ce chiffre n’était pas étayé. Une partie du village avait été réduite en cendres lors de l’attaque.
Le président Tinubu a condamné cette « attaque bestiale », déployant un bataillon de l’armée dans la région et en imputant la responsabilité au mouvement islamiste Boko Haram − bien que ce nom soit souvent utilisé de manière générique pour désigner les groupes djihadistes au Nigeria. Quelques mois plus tôt, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, avait revendiqué sa première attaque sur le sol nigérian dans l’Etat de Kwara, près de Woro.