Une clinique de fertilité en faillite, plus de 1 million d’euros de dettes et seulement 12 000 euros en caisse. Le Diário de Notícias révèle l’ampleur du naufrage financier d’Ovom Care, installée à Cascais, près de Lisbonne.

Selon le rapport de l’administrateur judiciaire consulté par le quotidien portugais, 72 patients réclament 332 747 euros pour des traitements payés à l’avance. Mais leurs chances d’être remboursés sont infimes : les 12 salariés, auxquels l’entreprise doit déjà 134 000 euros, sont prioritaires sur les autres créanciers. Quant au matériel médical, il était essentiellement loué.

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Comment une clinique spécialisée dans la procréation médicalement assistée a-t-elle pu en arriver là ? Le Diário de Notícias explique qu’Ovom Care était avant tout une start-up financée par le capital-risque. Sa maison mère allemande avait levé 4,8 millions d’euros pour développer notamment un logiciel d’intelligence artificielle appliqué à la fertilité.

La clinique portugaise, créée en 2024, dépendait de ces financements. Lorsque la société allemande a déposé le bilan, en août, sa filiale n’avait aucun moyen de survivre. “C’était une entreprise vide”, résume Cristina Hickman, ancienne dirigeante du groupe, qui dénonce une gestion privilégiant les calculs financiers au détriment des patients.

Pourtant, Ovom Care avait tout pour séduire une clientèle internationale. Público rappelle que la clinique proposait des fécondations in vitro à partir de 2 950 euros, contre environ 4 500 euros habituellement au Portugal. Elle promettait aussi de disposer de la technologie “la plus avancée d’Europe”.

Le dernier embryon bloqué au Portugal

Le 25 août, jour où la justice prononçait son insolvabilité, elle faisait encore sa promotion sur les réseaux sociaux. Les embryons, ovocytes et échantillons de sperme ont depuis été transférés dans une autre clinique de Lisbonne. Mais leur conservation ne règle pas la question des traitements interrompus, ni celle des remboursements.

Pour Laura Moncaster, 32 ans, et Alex Webb, 34 ans, la faillite a bouleversé un projet mûri depuis plus de deux ans. The Independent raconte comment ce couple britannique, séduit par une publicité sur Instagram, avait déboursé environ 8 000 livres (9 400 euros) pour deux cycles de fécondation in vitro chez Ovom Care.

Après une première tentative infructueuse en juin, ils devaient revenir en septembre pour un second transfert. Le 28 août, un simple courriel leur annonce la fermeture de la clinique. “Ça a été un énorme choc. On s’est demandé : mais qu’est-ce qu’on va faire maintenant ?” raconte Laura.

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Leur dernier embryon est désormais conservé au Portugal, sans qu’ils sachent quand il pourra être rapatrié au Royaume-Uni. “C’est notre dernier embryon, et pratiquement notre dernière chance de tomber enceinte cette année. Cela a anéanti notre projet d’avoir un bébé avant le mariage”, confie Laura, qui devait épouser Alex en juillet 2027.

Le couple estime avoir dépensé 30 000 livres (35 400 euros) au total dans son parcours de procréation médicalement assistée. D’autres patients ont également témoigné auprès du quotidien britannique, dont un couple qui avait versé 10 000 livres (11 800 euros) à Ovom Care le 15 août, quelques jours seulement avant sa faillite.

Pour Laura et Alex, le projet d’enfant est désormais reporté à 2027. “Nous voulons simplement fonder une famille, et notre vie est en suspens.”