Depuis la rupture du tandem qu’ils formaient à la tête de l’Etat sénégalais, les sujets de consensus sont rares entre le président, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien premier ministre et camarade de lutte, Ousmane Sonko. La déférence à l’égard de Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), fondateur de la confrérie islamique soufie mouridiya, en est un.
Le 30 juillet, quelques jours avant le Grand Magal (« hommage », en wolof), la célébration annuelle qui commémore l’exil au Gabon du chef religieux en 1895 imposés par les colons français, Ousmane Sonko a rendu une visite de courtoisie à son successeur, le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, à Touba.
Le 26 juillet, Bassirou Diomaye Faye l’avait précédé dans la ville sainte, située à quelque 180 kilomètres à l’est de la capitale, Dakar. Auprès du guide spirituel, homme parmi les plus influents du pays, le chef de l’Etat avait sollicité prières et bénédictions pour le Sénégal.
Dans l’histoire de ce pays laïc, où l’islam est dominé par quatre grandes confréries d’obédience soufie (qadiriya, tidjaniya, mouridiya, layeniya), peu importe l’intensité des crises, les représentants du pouvoir spirituel demeurent l’un des ciments de la nation. Un héritage dont les responsables politiques n’hésitent pas à se revendiquer, à l’heure où les discours souverainistes accordent de plus en plus de place aux figures religieuses.
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