Les autorités du Venezuela ont procédé à une nouvelle série de libérations de prisonniers politiques, vendredi et samedi 26 septembre, au terme du deuxième cycle de pourparlers entre le pouvoir et l’opposition à Caracas, ont annoncé des ONG de défense de droits humains. Une trentaine de détenus ont quitté différentes prisons, dont huit femmes accusées de « narcoterrorisme » en 2021. « Nous avons pu vérifier directement que 29 personnes ont été libérées », a déclaré l’ONG Justicia, Encuentro y Perdon (« Justice, rencontre et pardon ») sur X.
Parrainé par les Etats-Unis dix mois après la capture de Nicolas Maduro, le deuxième cycle de dialogue entre le pouvoir et l’opposition a permis d’avancer dans la réforme judiciaire, selon les deux parties. L’opposition avait promis d’insister sur la libération de tous les prisonniers politiques alors que, selon le dernier bilan de l’ONG Foro Penal, le 18 septembre, il y avait encore 344 prisonniers politiques, malgré la loi d’amnistie et des centaines de libérations. L’organisation n’avait pas actualisé son bilan, samedi.
« La libération de toutes les personnes injustement détenues doit être achevée et leurs droits, ainsi que ceux d’autres victimes de violations des droits humains, doivent être garantis », a affirmé Oscar Murillo, coordinateur de l’ONG Provea, sur X. Parmi les détenues libérées figurent six personnes accusées après l’opération « Gedeon », une tentative avortée de débarquement visant à renverser Nicolas Maduro en 2020, dont l’échec avait été suivi d’une vague d’arrestations.
Les familles de prisonniers dans la rue
Pour sa part, l’ONG Foro Penal a signalé la libération de Frank Cabañas, lié à l’affaire Oscar Pérez, tué lors d’une opération militaire en 2018. Pérez était inspecteur de police et pilote, et s’était soulevé contre le gouvernement Maduro. Des organisations ont qualifié l’opération d’exécution extrajudiciaire, faisant valoir que le groupe de Pérez avait tenté de se rendre. L’affaire a été portée devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme.
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui gouverne sous une forte pression des Etats-Unis, a promulgué une loi d’amnistie, en janvier, après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines, mais le processus de libération a été lent. Les familles protestent constamment dans les rues et des proches campent toujours la nuit, aux abords de l’ambassade des Etats-Unis au Venezuela, ainsi que devant la prison El Rodeo I, considérée par les ONG comme un centre de torture.