Les pompiers continuent de batailler dans le nord-ouest des Etats-Unis, lundi 3 août, contre les incendies qui ravagent la ville de Spokane, dans l’Etat de Washington (Nord-Ouest), provoquant la destruction de plusieurs centaines de bâtiments et des évacuations massives. Le chef de la police locale, Kevin Hall, a chiffré à environ 60 000 personnes le nombre d’évacués en urgence durant le week-end.
« Des centaines d’habitations et de structures ont été perdues. Nous évaluons toujours la possibilité de pertes humaines », a déclaré dimanche en conférence de presse Lisa Brown, la maire de cette ville du nord-ouest des Etats-Unis.
Des images de l’Agence France-Presse (AFP) montrent des maisons réduites en cendres, des véhicules calcinés et des paysages noircis après les feux. « Simplement conduire en regardant les maisons, c’est l’une des choses les plus déchirantes que j’aie vues de ma vie », a confié à l’AFP un habitant de Spokane qui a dû fuir sa maison.
Environ 2 180 hectares ravagés
Des vidéos tournées samedi par des habitants montraient déjà des maisons ravagées par les flammes ou réduites en cendres, alors que des incendies attisés par le vent progressaient de manière incontrôlable dans des conditions de chaleur intense et de sécheresse extrême. Des files de voitures s’étiraient sur les routes alors que les habitants fuyaient leur domicile.
Le shérif local, John Nowels, a déclaré qu’aucune victime n’avait été recensée pour le moment, mais que cela pourrait évoluer « en raison de l’étendue » de la catastrophe. Les trois incendies actifs à Spokane et dans ses environs ont ravagé un total d’environ 2 180 hectares, selon CNN. Le plus important, baptisé Old Trails Fire, a franchi la rivière Spokane samedi après-midi, avant de pénétrer dans la ville, qui compte environ 230 000 habitants.
Aucun des feux n’est contenu à ce stade, selon les pompiers. Une météo plus favorable est attendue lundi avec des vents faiblissant mais les craintes sont entretenues par des prévisions de nouvelle hausse des températures dans le courant de la semaine. La fumée s’accumulant au-dessus de Spokane devrait rendre la qualité de l’air « très malsaine » lundi, a prévenu l’agence régionale de protection de l’air.
Quatrième année de sécheresse
Les autorités ont émis une alerte d’évacuation maximale, intitulée « Go Now » (Partez maintenant), pour de vastes secteurs du nord de Spokane.
La garde nationale de l’Etat de Washington a fait savoir sur X qu’elle procédait à une « mobilisation rapide » de ses unités afin de prêter main-forte aux secours. Ce corps de réserve affirme aussi, dans un message posté dimanche matin, que ses forces aériennes ont déversé environ 3 497 000 litres d’eau en cent trente-sept heures pour éteindre ces feux.
Bob Ferguson, gouverneur de l’Etat de Washington dans lequel se trouve Spokane, a déclaré l’état d’urgence. Il a dit s’être entretenu de la catastrophe avec des responsables fédéraux et le président Donald Trump qui a, selon lui, compris « à quel point la situation est grave ». L’Etat subit sa quatrième année d’affilée de sécheresse, a souligné le gouverneur qui a pointé les conditions propices aux feux destructeurs créées par le réchauffement climatique.
Le directeur du département des ressources naturelles de l’Etat de Washington, Dave Upthegrove, a averti que l’incendie de Spokane n’était « qu’un parmi 15 grands feux qui ravagent actuellement l’Etat de Washington ». « Cette année est déjà l’une des années les plus chargées en matière d’incendies de forêt jamais enregistrées, et nous ne faisons que commencer le mois d’août », s’est-il alarmé, évoquant un été « hors norme ».