Au printemps, Nick Rabb, un Américain de 32 ans résidant à Pasadena, dans l’agglomération de Los Angeles, a découvert que sa ville de 135 000 habitants était maillée de 61 caméras détectrices des plaques d’immatriculation, commercialisées par la société Flock Safety. Et, surtout, que celles-ci étaient connectées à une gigantesque base de données, qui intègre les informations de 120 000 caméras Flock disséminées dans tout le pays.
Cette base de données, à disposition des agences de police locales qui ont souscrit à ce service, est un outil puissant : elle permet de reconstituer les trajets d’une voiture, que cela soit au sein d’une ville ou sur une longue distance, dès lors qu’elle est passée devant l’une des caméras. A ce jour, les caméras Flock scannent 20 milliards de plaques chaque mois.
« Par son ampleur, c’est un outil digne d’un régime fasciste autoritaire. Son potentiel est dangereux, en particulier quand il est mis entre les mains de l’ICE, la police de l’immigration », estime Nick Rabb. Avec quelques connaissances, ce chercheur en informatique a créé un site Internet, Pasadena Privacy, destiné à informer les habitants de sa ville, ainsi que des comptes sur les réseaux sociaux. Il a organisé des réunions locales, mis en ligne des vidéos, préparé des interventions auprès du conseil municipal.
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