L’accord conclu la semaine dernière entre les forces kurdes et le pouvoir central en Syrie constitue un revers pour Israël et sa politique d’influence au Proche-Orient, fondée, notamment, sur l’alliance avec les minorités ethniques ou religieuses, analyse le journaliste israélien Zvi Barel dans un article paru dans le quotidien Ha’Aretz.

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Selon lui, l’autodissolution des forces démocratiques syriennes (FDS), annoncée le 25 août, n’est pas uniquement synonyme de l’évanouissement du “rêve” d’autonomie kurde dans le pays, mais signe aussi la fin, ou du moins l’affaiblissement, d’un levier d’influence majeur d’Israël dans la Syrie post-Assad.

“Atouts stratégiques”

L’État hébreu voyait, en effet, dans les Kurdes et les Druzes – deux minorités, respectivement ethnique et ethno-religieuse – “des atouts stratégiques” pour affaiblir un nouveau pouvoir syrien dominé par les islamistes et “sous la tutelle politique et militaire de la Turquie”, explique-t-il.

Après le départ de Bachar El-Assad, à la fin de 2024, “Israël a perçu les zones kurdes de Syrie comme des avant-postes potentiels lui permettant d’ancrer son influence […], voire comme une base de renseignement sur les activités de l’Iran et du Hezbollah” dans le pays. Ces zones représentaient au pic du conflit syrien (2011-2024) près d’un tiers du territoire.

Pour Israël, elles constituaient également un rempart contre l’influence turque, alors que l’État hébreu cherchait à s’ériger en acteur incontournable sur l’échiquier syrien dans le cadre d’une politique expansionniste, portée par les multiples guerres lancées depuis 2023.

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Signe d’une volonté de rapprochement avec des acteurs locaux, le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a été jusqu’à qualifier les Kurdes d’“alliés naturels” durant les affrontements ayant opposé les forces gouvernementales syriennes aux FDS, rappelle Zvi Barel, tandis que Tsahal a mené plusieurs frappes de représailles lors des tueries de Druzes en juillet 2025.

Le soutien de Washington à El-Charaa

Mais cette stratégie visant à soutenir les minorités et à affaiblir le pouvoir central en Syrie s’est heurtée à un obstacle majeur : une volonté américaine, “sous l’influence de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar”, de consolider le pouvoir d’Ahmed El-Charaa. “Washington a clairement fait savoir qu’il souhaitait une Syrie unifiée, et non l’État fragmenté qu’Israël espérait voir émerger”, souligne le journaliste.

Avec la dissolution des FDS, la stratégie israélienne va désormais s’orienter davantage vers les Druzes, estime-t-il, dont le principal chef spirituel, Hikmat Al-Hijri, entretient de bons liens avec l’État hébreu.

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Mais selon Zvi Barel, rien ne garantit que les États-Unis “n’exigeront pas d’Israël un changement de politique, lui demandant de cesser d’entraver l’intégration syrienne”.