Avec «Reality Awaits», les Strokes s'écrasent sur un mur d'Auto-tune
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C'est l'un des groupes de rock les plus emblématiques des années 2000 : les Strokes sont de retour cet été, avec leur septième album, Reality Awaits. Un disque très attendu, six ans après The New Abnormal, très largement salué par la critique. Dommage : malgré la profusion de moyens de production déployés par le groupe, le disque reste brouillon et globalement décevant.
Il y a 25 ans, les Strokes étaient catapultés sur le devant de la scène dès leur premier disque, Is This It ?, avec ses accords de guitare saturés, ses mélodies en forme de bolide lancé sur une grande ligne droite, et le charisme un peu étrange du chanteur Julian Casablancas.
Un demi-siècle plus tard, la potion magique ne prend plus, sûrement car le dosage des ingrédients a un peu trop changé : beaucoup plus de titres contemplatifs, beaucoup plus de synthétiseurs, et surtout, beaucoup plus d'autotune (« Falling Out Of Love », « Psycho Shit »). La distorsion de voix a toujours fait partie de l'ADN de ces enfants terribles du rock new-yorkais, mais sur ce septième disque, le curseur a été poussé à fond. Sûrement trop, car alors même que l'autotune n'est pas présent sur tous les titres, c'est la seule impression qui reste durablement à l'issue de l'écoute.
Un album plus expérimental
On peut pourtant saluer la volonté du quintet new-yorkais de se renouveler. Dans ce nouveau disque, les tentatives ne manquent pas : des transitions volontairement brutales, des synthétiseurs qui sonnent comme des orgues, quelques légères influences country et même des bruits tirés de jeux d'arcade à la fin d'une chanson... le tout grâce au concours de pas moins de treize ingénieurs du son, ce qui explique peut-être aussi cet effet fourre-tout.
Malgré tout, la patte des Strokes reste reconnaissable, surtout sur le très sympathique « Lonely in the Future » : après tout, on n'efface pas 25 ans de collaboration musicale en un claquement de doigts. Le groupe conserve ses petites obsessions : comme sur les deux albums précédents, le chanteur Julian Casablancas dénonce la mainmise des classes dirigeantes sur les ressources ; la destruction de la planète ; l'addiction aux nouvelles technologies. Surtout, le groupe s'en prend à un monde où le capitalisme et roi et où la surconsommation règne en maîtresse (« Going Shopping »).
Quelques bonnes idées et titres savoureux, est-ce suffisant pour sauver la totalité de l'album ? Le groupe lui-même semble en douter... lui qui chante, en clôture de l'album : « Nous voilà pour un dernier tour, mais ce n'est pas grave, car nous avons fait notre temps. »
Reality Awaits, sorti le 24 juillet 2026 (RCA Records).
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