Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé avoir donné instruction à ses avocats de déposer une plainte contre le quotidien israélien Haaretz, le journaliste Shlomi Eldar et d’autres responsables, qu’il accuse d’avoir « inventé une accusation mensongère » à son encontre, dans un message publié mercredi matin sur le réseau social X.
Selon un article de Haaretz, tiré d’un livre à paraître, le président des Emirats arabes unis, Mohammed Ben Zayed, aurait contacté M. Nétanyahou au cours de la dernière semaine de septembre 2023 pour l’informer que le Hamas préparait une opération majeure, une mise en garde que le dirigeant israélien n’aurait pas transmise aux chefs des services de sécurité.
Le bureau de M. Nétanyahou avait démenti, mardi, tout avertissement de ce type, précisant que, « s’il y a eu la moindre information, elle a été transmise par le biais des canaux de renseignement ». Les Emirats arabes unis ont, pour leur part, annoncé mardi soir ne pas vouloir commenter « les informations de presse ou les spéculations sur les conversations entre dirigeants ».
Dans son message publié mercredi matin, le premier ministre israélien dément par ailleurs qu’un appel téléphonique ait eu lieu entre lui et le président émirati entre début septembre et le 7 octobre 2023. Selon son bureau, un examen de son agenda, mené par ses services, le Conseil national de sécurité et le secrétariat militaire, n’aurait trouvé « aucune trace » d’un tel échange, ni aucune visite d’un représentant émirati enregistrée à son bureau durant cette période. Haaretz affirme pour sa part maintenir ses informations dans un article évoquant la plainte du premier ministre israélien.
Benyamin Nétanyahou « savait » et a « échoué »
Le journaliste Shlomi Eldar avait affirmé la veille, sur la Chaîne 12, que cet appel s’était déroulé selon les modalités habituelles des échanges avec les Emirats. Le bureau du premier ministre accuse en outre M. Eldar d’avoir menti en affirmant que l’Egypte avait averti M. Nétanyahou d’une possible attaque, une allégation qu’il dit avoir été démentie dès le début de la guerre.
M. Nétanyahou qualifie l’ensemble de ces accusations de « calomnie malveillante » à des fins politiques, qu’il attribue à la campagne électorale de la gauche, à l’approche des élections législatives du 27 octobre.
La publication de l’enquête a provoqué une vague de critiques de l’opposition. L’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, principal rival de M. Nétanyahou, a affirmé sur X que ce dernier avait « reçu des dizaines d’avertissements pour le 7-Octobre » et les avait « tous ignorés ». L’ancien premier ministre Naftali Bennett a estimé que M. Nétanyahou « porte une responsabilité personnelle et directe » et « ne peut pas continuer à exercer sa fonction une minute de plus ». Yaïr Golan, le leader des Démocrates, a lui aussi dénoncé un dirigeant qui « savait » et a « échoué ».