Ce week-end [des 17 et 18 octobre], la première chose que j’ai apprise dans les rues de Paris, c’est qu’on ne négocie pas avec du gaz lacrymogène. Il était à peine 13 heures, samedi, quand je suis arrivé place de la République. L’ambiance était festive, et puis la police s’est mise à envoyer des volées de gaz lacrymogène depuis la rue du Faubourg-du-Temple.

À penser qu’il y ait eu un incident déclencheur, je ne l’ai pas vu. J’ai tenté de progresser dans le nuage de gaz CS qui s’était formé. Impossible : le gaz colle à votre nez, vous brûle les yeux, et bientôt vous avez du mal à respirer. J’ai alors amorcé un repli vers le boulevard de Magenta, clignant des yeux autant que je pouvais pour atténuer la brûlure.

Telle est donc la méthode de gestion des foules adoptée par les autorités dès le début de la journée, qui a donné le ton et bientôt semé le chaos à travers Paris. Une amie a dû se replier chez elle avec ses parents âgés après que la police a envoyé du gaz lacrymogène “au hasard” sur une foule de jeunes gens dans le quartier Strasbourg-Saint-Denis, dans le Xe arrondissement.

Des demandes politiques

J’ai remonté le boulevard Magenta, où j’ai retrouvé des manifestants. Cet étudiant à la Sorbonne était venu “avant tout et surtout pour soutenir les lycéens, et pour demander plus