C6ix : du Ghana au Japon, le rap comme langue d’adoption
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Cette semaine, BPM s’intéresse aux musiques qui changent de langue, de territoire ou de génération sans perdre ce qui les a façonnées. Du rap entre Ghana et Japon aux héritages méditerranéens remis en mouvement sur le dancefloor, jusqu’au calypso caribéen qui raconte son époque, l’émission explore plusieurs façons de transformer une histoire personnelle ou collective en matière musicale.
Du Ghana au Japon, C6ix invente sa propre langue
À 15 ans, C6ix quitte Accra pour rejoindre son père au Japon sans parler un mot de japonais. Installé à Fussa, près de Tokyo, il apprend la langue sur place et finit par en faire l’une des matières premières de son rap. Il ne cherche pas à masquer son katakoto — ce japonais hésitant, aux phrases parfois cassées ou incomplètes — mais en fait au contraire une signature, mêlée à l’anglais, au twi et au pidgin ghanéen.
Son parcours prend un tour plus inattendu encore lorsqu’une arrestation dans une affaire qu’il dit ne pas avoir commise le conduit à passer 43 jours en détention. Interrogatoires, avocat, interprète, repas, libération puis nouvelle arrestation : tout finit dans « Okazaki8 », un morceau devenu viral au Japon et aujourd’hui au cœur de son nouvel album, Okazaki8ban. En douze titres, C6ix fait circuler les langues et les influences et s’entoure aussi de plusieurs figures de la scène rap japonaise.
Faire bouger les héritages
Transformer une histoire en musique, c’est aussi ce que racontent Sharouh et Shahzen, deux DJ françaises rencontrées séparément cet été au festival Les Suds, à Arles et qui seront respectivement les 9 et 10 octobre à l'affiche, à Marseille, de la 35ème Fiesta des Suds.
La première fait dialoguer ses héritages tunisien et grec avec l’électronique et une vie nourrie par les nuits madrilènes et andalouses. La seconde, franco-algérienne, puise dans des répertoires méditerranéens, maghrébins ou occitans pour les confronter à la bass music et aux textures club. Toutes deux refusent l’idée d’un héritage figé : sur le dancefloor, ces musiques circulent, se transforment et retrouvent une place nouvelle.
Djavan, quand la scène devient mémoire
Enfin, "L’Histoire d’un live" nous ramène à Rio en juillet 1999. Djavan a alors plus de vingt ans de carrière mais n’a encore jamais publié d’album en public. D’abord peu enthousiaste, il finit par prendre le projet en main : arrangements, direction musicale, choix des 24 chansons. Sur "Oceano", seul avec son violão, il laisse le théâtre entier reprendre avec lui cette chanson de l’absence. Une manière, là encore, de voir une histoire intime devenir collective dès qu’elle passe par la scène.
La selecta
1/ ROMME – "Spell." (7Cult – 2026)
2/ TRACY DE SA - "Estoy Mejor", extrait de Santa Soltera (Ovastand – 2026)
À écouter aussi[Rencontre] La rappeuse Tracy de Sá, une femme puissante
3/ TALIB KWELI x LARGE PROFESSOR x Bun B – "Rare Heir" (Javotti Media – 2026)
4/ MIGHTY SPARROW - "Jean & Dynah", extrait de Ornithology Vol.1 (Erasmus Black Records – 2019)
5/ SAMPA THE GREAT - "Simon Says", extrait de Nu Zamrock (Sampa The Great / Loma Vista Recordings), à paraître le 30 octobre 2026.
6/ BRAMA – "La Raive", extrait de La Raive (Airfono – 2026)
7/ C6IX – "Okazaki8", extrait de Okazaki8ban (C6ixMusic - 2026)
8/ JUSTIN HICKS (feat Kenita Miller-Hicks) – "Oh!", extrait de Man Of Style (Jammin'ColorS –2026)
9/ BOYS NOIZE X ZEP – "1+1+1" (One and Zeros – 2026)
10/ ANAIS ROSSO - "Oyoki mon appel ?" (No Format – 2026)
À écouter dansLa playlist Officielle RFI
10/ DJAVAN – "Oceano", extrait de Ao Vivo (Sony Music – 1999)
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