Alors que des incendies d’une ampleur sans précédent continuent de ravager la France et l’Espagne, le feu des critiques repart lui aussi de plus belle. De part et d’autre des Pyrénées, l’extrême droite reproche aux gouvernements leur manque d’investissements dans les Canadairs, près de la moitié étant de plus actuellement hors service. Certains responsables politiques accusent par ailleurs les régions dirigées par les conservateurs, comme celle de Madrid, où le service de prévention et de lutte contre les feux de forêts tourne à cinquante pour cent de ses effectifs, de compromettre la maîtrise des incendies.

Mais ces polémiques se cristallisent autour des symptômes plutôt que de la maladie, déplorent les spécialistes. L’Europe ferait mieux d’investir davantage dans la prévention des incendies, notamment par le biais d’écobuage, ou brûlage dirigé, et même d’en laisser quelques-uns se consumer librement. Cela vaut aussi pour le Royaume-Uni, où les flammes se sont approchées à 5 kilomètres de la centrale nucléaire de Sizewell, dans le Suffolk, et ont détruit 25 kilomètres carrés de landes et de forêts dans le parc national de Cairngorms, en Écosse.

“Vous pouvez doubler, tripler le nombre d’avions, cela coûtera très, très cher, et chaque euro dépensé sera un euro de moins investi da