“Le Kaiser s’assit sur le trône sans enlever son casque, son bâton de maréchal à la main, et considéra d’un air des plus sévères le jeune prince qui venait d’apparaître à la porte de la salle en s’inclinant très bas.” Le prince est chinois et s’appelle Chun. Cet étrange rituel qui se déroule au Nouveau Palais de Potsdam le 4 septembre 1901 constitue le clou de la “mission d’expiation” prévue par le protocole de paix qui est signé quatre jours plus tard à Pékin et met un point final à la révolte des Boxers.
Au XIXe siècle, la Chine impériale n’est plus que l’ombre d’elle-même. Mauvaise gestion, famines et rébellions ont ébranlé le pays et l’autorité des Qing, la dynastie mandchoue qui règne depuis 1644. Les deux guerres de l’opium contre l’Angleterre et la France ont démontré la supériorité de la technologie occidentale, et une défaite contre le Japon a suivi. Si les puissances coloniales sont convenues, sous la pression des États-Unis, de ne pas démanteler l’empire mais de l’exploiter selon le principe de la “porte ouverte”, certaines ont obtenu des territoires par les “traités inégaux” [c’est ainsi que Chinois, Japonais et Coréens nomment les traités qui leur ont été imposés au XIXe siècle par les puissances occidentales].
Les tentatives de modernisation échouent devant la rési
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La porcelaine, le secret le mieux gardé de Chine
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