Dans les rues de Tbilissi, la capitale géorgienne, les graffitis « Fuck Russia », apparus après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en février 2022, sont toujours là. Les drapeaux ukrainiens et européens dessinés sur les murs n’ont pas été effacés non plus, et reflètent toujours le sentiment de la population, en grande majorité favorable à l’intégration européenne, hostile à la Russie et solidaire avec l’Ukraine. Mais leur présence paraît de plus en plus étrange tant, depuis 2022, le gouvernement a rompu avec ce qui constituait le pilier de la politique étrangère du pays : le rapprochement avec l’Union européenne (UE) et l’OTAN.
Ce double objectif – inscrit dans la Constitution – est désormais balayé par le pouvoir, en plein virage autoritaire, au profit d’un rapprochement avec Moscou, dont les troupes occupent 20 % du territoire depuis la guerre entre les deux pays, en août 2008. Le processus d’intégration à l’UE, à laquelle cette ancienne république soviétique du Caucase est candidate depuis décembre 2023, a été suspendu moins d’un an plus tard, en novembre 2024. Depuis, des manifestations se tiennent chaque jour à Tbilissi pour dénoncer ce que la population – à 80 % pro-européenne, selon les sondages – considère comme une « trahison ».
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