La banlieue boisée de São Paulo abrite plusieurs vivariums hautement sécurisés abritant des serpents parmi les plus venimeux. Ce sont eux qui fournissent en venin le plus grand centre de recherche et de production d’antipoison de toute l’Amérique latine.

Cinq des espèces de serpents les plus menacées du pays vivent là, dans une cabane sur pilotis. L’un d’entre eux, le jararaca-ilhoa [Bothrops insularis], est endémique d’une minuscule île inhabitée du sud du pays : il est si rare que les braconniers le revendent 20 000 dollars.

Non loin de là, dans le plus ancien bâtiment du site, les dalles gardent la marque des chevaux destinés à la production de sérum qui y étaient logés, il y a un siècle de ça. Aujourd’hui, le lieu accueille de vieilles illustrations scientifiques et des étagères qui croulent sous des revues reliées en peau de serpent.

Nous sommes à l’Institut Butantan, fondé en 1901 pour combattre une épidémie de peste bubonique. Il produit aujourd’hui la majorité des sérums antivenimeux du pays, avec pas moins de 350 000 fioles par an. Grâce à cette institution et au système de santé public auquel elle s’intègre, les morsures de serpents sont bien moins létales en Amérique latine que presque partout ailleurs dans le monde.

Avec plus d’un siècle de savoir-faire, le Brésil ve