Six pick-up Toyota et dix motos, plus de deux cents fusils d’assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers, d’innombrables caisses de munitions… Dans des images de propagande diffusées dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 septembre, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la franchise sahélienne d’Al-Qaida, a étalé l’impressionnant butin qu’il a saisi une semaine plus tôt dans le camp militaire de Dioura. De quoi équiper des centaines de ses combattants et lancer de nouvelles attaques dans les semaines à venir.
Celle menée par les djihadistes le 10 septembre contre cette place forte des forces armées maliennes (FAMa), dans le centre du pays, déjà ciblée à plusieurs reprises par le passé, a été la plus meurtrière depuis leur offensive d’ampleur du 25 avril, lancée conjointement avec les indépendantistes à dominante touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA).
L’armée malienne a reconnu l’assaut contre son camp à Dioura et affirmé avoir mené des frappes de riposte dans la zone, mais n’a pas communiqué le nombre de victimes dans ses rangs. Comme cela est devenu une habitude au Mali, où la junte du général Assimi Goïta fait tout pour cacher ses pertes, le bilan précis est difficile à évaluer : il se situe vraisemblablement entre « une cinquantaine de morts », comme un officier malien l’a confié au Monde sous le couvert de l’anonymat, et les « 150 soldats tués » revendiqué par le GSIM. Le groupe djihadiste ajoute par ailleurs avoir fait 93 prisonniers. Vendredi soir, trois d’entre eux sont apparus dans une vidéo diffusée par l’organisation.
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