Le Financial Times annonce la nouvelle de façon prudente, mais celle-ci n’en est pas moins inquiétante. “L’UE est en train d’enquêter sur la possibilité que des ingérences étrangères en ligne et des campagnes de désinformation aient été menées dans le cadre des émeutes en France, ainsi que d’autres épisodes similaires qui ont eu lieu dans d’autres pays européens ces derniers jours”, dévoile le média britannique ce mercredi 21 octobre.

Le journal de Londres, qui affirme avoir obtenu ces informations auprès d’agents des services de sécurité de l’UE, indique que “des comptes prorusses et d’extrême droite, liés par le passé à des campagnes de désinformation, ont diffusé des vidéos violentes dans la tentative de semer davantage le chaos”. Selon des experts, cette volonté de déstabiliser à travers des contenus en ligne ne viendrait pas uniquement de Moscou. “L’Iran et l’Algérie seraient également soupçonnés d’être à l’origine de certains de ces messages”, complète le quotidien économique, qui relaie ensuite une donnée préoccupante. “Selon le service diplomatique de l’Union européenne, la France est le deuxième pays d’Europe continentale le plus visé par des manœuvres de manipulation de l’information soutenues par des États, après l’Ukraine.”

Rome dénonce une “guerre hybride”

Toutefois, Paris ne serait pas le seul à être victime de ces machinations. Comme le rapporte de l’autre côté des Alpes Il Sole 24 Ore, après les violences qui ont eu lieu en Italie, le ministre de la Défense, Guido Crosetto, s’est exprimé en ces termes :

“Les faits qui ont eu lieu à Milan et ailleurs en Italie sont profondément différents de ceux que nous avons vécus à d’autres époques. Ils sont le fruit de celle que j’appelle une ‘guerre hybride’, que quelqu’un est en train de mener contre nos nations à travers les réseaux sociaux sans que l’Occident ne s’en rende compte ou réagisse.”

Si Rome utilise sans ambages les termes de “guerre hybride”, jusqu’ici, l’Élysée ne l’a pas imité. S’exprimant depuis le Qatar, Emmanuel Macron a en effet déclaré, ce mercredi, qu’il n’y avait pas d’“ingérences étrangères visibles”, se limitant à évoquer “une manipulation étrangère de l’information qui a donné lieu à des commentaires inacceptables et stupides de la part de beaucoup, y compris de dirigeants étrangers”. Une pique assez évidente pour riposter aux commentaires récents de Donald Trump − qui a cru bon d’affirmer que “l’immigration de personnes venues d’un monde entièrement différent, des gens qui portent la haine dans leur cœur, a brisé cet ancien grand pays” − mais aussi de Benyamin Nétanyahou − pour qui la France “a cédé à l’invasion de l’islam extrémiste”. Cela signifie-t-il pour autant que le président de la République n’a pas d’informations sur d’éventuelles ingérences étrangères ?

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