Au moins 26 personnes sont mortes et 82 ont été blessées lors d’affrontements interethniques survenus à Abyei, région disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud, a annoncé, jeudi 17 septembre, la mission de maintien de la paix de l’ONU pour ce territoire.
Les violences sont fréquentes à Abyei, territoire dont le statut n’a pas été réglé depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011 et placé sous la protection de l’ONU. Au mois de novembre 2025, l’ONG Acled, qui répertorie les victimes de conflits à travers le monde, avait dénombré des centaines de morts dans cette région liées à la guerre fratricide entre militaires et paramilitaires au Soudan. Des violences ethniques y avaient également fait des dizaines de morts en 2024.
L’éruption de violence, survenue mardi dans le marché d’Amiet, est cette fois-ci consécutive aux assassinats d’un homme de l’ethnie Ngok Dinka et d’un autre, de l’ethnie Misseriya, respectivement les 14 et 15 septembre, a affirmé la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (Fisnua), dans un communiqué. Ces assassinats ont « exacerbé les tensions entre les deux communautés et contribué à l’escalade au marché, un centre économique vital dans un environnement sécuritaire déjà fragile », a encore observé la Fisnua, qui a fermement condamné l’évènement.
Renforcement sécuritaire
La force onusienne a par ailleurs déclaré avoir « immédiatement renforcé sa présence sécuritaire dans le marché et autour de celui-ci, et déployé des forces supplémentaires pour désamorcer la situation ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé, mi-novembre, pour un an la mission de maintien de la paix à Abyei, prévenant toutefois, sous la pression américaine, qu’une nouvelle prolongation dépendrait de progrès concrets. La Fisnua compte environ 3 000 militaires et policiers chargés notamment d’assurer la protection des civils dans cette zone pétrolifère frontalière où les affrontements sont réguliers.