Les puffins assombrissaient autrefois le ciel, sur le littoral sud-ouest de l’Australie, tant ils étaient nombreux sur leur lieu de villégiature côtière pendant la saison appelée “Djilba”. Dans le calendrier des peuples Noongar, c’est la période entre août et septembre, où les bourrasques froides et humides laissent place au redoux.

Ces oiseaux sont appelés yowli dans la langue des Wudjari, peuple ancestral de ces terres qu’ils nomment “Kepa Kurl”, mais qui ont été rebaptisées “Esperance” lors de la colonisation. Dans d’autres cultures, ce sont les puffins à pieds pâles, à bec grêle ou encore fuligineux.

À six mois d’intervalle, à l’autre bout de la planète, des nuées de puffins assombrissaient le ciel d’Alaska, prêtes à se gaver des stocks abondants de poissons et de calmars qui émergeaient de la fonte des glaces et des neiges pendant l’été arctique. Comme les Wudjari, les Yup’ik étaient attentifs à leur arrivée.

Sur ces deux littoraux, les Premières Nations ont pourtant remarqué que quelque chose clochait. Elles ont vu des puffins malades et mourants s’échouer sur leurs rivages : ils étaient émaciés et leurs estomacs étaient remplis non plus de nourriture, mais de microplastiques. Ces oiseaux étaient observés dans des lieux inédits et s’éloignaient beaucoup de leurs routes mig