A-t-on déjà vu une campagne électorale démarrer aussi précocement ? A peine l’investiture du président ougandais, Yoweri Museveni, pour son septième mandat d’affilée était-elle terminée, le 12 mai, que des affiches électorales « Muhoozi pour 2031 » fleurissaient aux quatre coins de la capitale, Kampala. Toujours déployées en quatre mètres par trois le long des rues, elles montrent un homme à l’épaisse moustache en uniforme kaki : Muhoozi Kainerugaba, fils et successeur annoncé de Yoweri Museveni, 82 ans, dont quarante au pouvoir.
Militaire de carrière, celui que les Ougandais ont surnommé « Stand-by Generator » (groupe électrogène de rechange), en référence à sa disposition à prendre rapidement le pouvoir au cas où la santé du chef de l’Etat viendrait à décliner, n’a pas été officiellement désigné comme dauphin. Mais le doute n’est plus permis depuis sa promotion à la tête des forces armées ougandaises (UPDF) en 2024.
La question n’est plus de savoir « si » mais « quand » la passation de pouvoir aura lieu. A mesure que Yoweri s’efface, Muhoozi entre en scène. « La transition est savamment chorégraphiée par la famille Museveni », avance Egesa Leonard, directeur du cabinet d’analyse politique Magezi Harvest et proche des cercles gouvernementaux. « C’est comme si le fils dirigeait déjà le pays en coulisses », confie de manière anonyme au Monde l’un de ses bras droits, rencontré dans la capitale ougandaise. Une ascension aussi rapide que violente.
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