Un pétrolier de la compagnie nationale émiratie Adnoc a été pris pour cible dans le détroit d’Ormuz, ont annoncé, samedi 8 août, les Emirats arabes unis (EAU). Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères émirati a condamné l’« attaque hostile de l’Iran (…) à l’aide d’un missile alors [que le navire] traversait le détroit ».
Citant l’Adnoc (Abu Dhabi National Oil Company), l’agence de presse officielle WAM avait rapporté, plus tôt dans la journée, qu’un des navires de la compagnie avait été visé par un missile, tôt samedi matin, mais que la situation était sous contrôle. Aucun détail n’a été donné sur le pétrolier, sa cargaison ou d’éventuels dégâts. Aucun blessé n’a été signalé.
La compagnie émiratie avait affirmé, vendredi, que 15 de ses bateaux avaient été pris pour cible dans le détroit depuis le début de la guerre, fin février, dont trois cette semaine.
Un autre navire frappé par « un projectile » au large d’Oman
Un autre navire a été ciblé, samedi, par « un projectile » dans le détroit d’Ormuz, a alerté l’agence maritime britannique UKMTO, sans en préciser l’origine. « Une source vérifiée a signalé qu’un navire avait été touché par un projectile d’origine inconnue, ce qui a provoqué un incendie qui a été maîtrisé, selon le communiqué de l’organisation. Aucun impact environnemental n’a été rapporté. L’équipage est sain et sauf. »
Avant le début du conflit, un cinquième des hydrocarbures passaient par le détroit d’Ormuz. La République islamique d’Iran verrouille cette voie maritime stratégique depuis que les hostilités ont repris avec les Etats-Unis, début juillet, et cible régulièrement les navires s’y aventurant sans son autorisation. Téhéran ne veut pas revenir à la situation d’avant-guerre et entend imposer à terme des frais de service, ce à quoi les Etats-Unis s’opposent.
Les négociations entre l’Iran et Oman, dont les côtes bordent également le détroit, « approchent de leur phase finale », a affirmé, samedi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi. Téhéran a assuré ces derniers jours s’être accordé avec Mascate sur un itinéraire pour la traversée des navires, mais les discussions prennent du retard à cause de « problèmes techniques », selon Abbas Araghtchi.
L’aboutissement des négociations « ne veut bien sûr pas dire qu’Ormuz va rouvrir », a cependant réitéré le ministre des affaires étrangères. Il a évoqué d’autres « conditions et compensations » à discuter, en raison « des violations » du protocole d’accord conclu mi-juin avec les Etats-Unis, qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens.
« La réouverture du détroit suit son propre mécanisme et n’a rien à voir avec les négociations entre l’Iran et Oman », ont renchéri les gardiens de la révolution.