Si on l’avait dit à Victor Hugo, à Prosper-Olivier Lissagaray ou à Louise Michel – qui ont tous trois laissé à la postérité des descriptions des barricades communardes de 1871 –, sans doute ne l’auraient-ils pas cru. Au lieu des pavés, des briques et des canons hors d’usage, ce sont surtout des vélos qui servaient à bloquer les boulevards et les rues de Paris le 17 octobre. Des milliers de Vélib’ et autres marques de vélos en libre-service (il en circulerait plus de 20 000 en ville selon la mairie) entassés les uns sur les autres pour semer la pagaille et ériger une barrière face aux forces de l’ordre.

Le vélo, c’est depuis quelques années l’un des symboles de la gauche des villes. L’incarnation du bon sens et du privilège de créer un espace urbain moins congestionné, moins bruyant, moins pollué. Ceux qui, [samedi 17 octobre], ont renversé ce bon sens cul par-dessus tête en entassant des montagnes de vélos sur la chaussée n’avaient pas l’air de professionnels du chaos. C’étaient tous des jeunes, voire des très jeunes, aux idées parfaitement claires au contraire. Des idées politiques. Dans la presse et sur les chaînes de télévision nationales, on a tout lu, tout entendu ces derniers jours : que les jeunes se plaignent d’augmentations pourtant dérisoires de leurs frais de scolarit