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Deux fauteuils, une même servitude : de Dartiguenave à Fils-Aimé, le siècle des révérences

Dartiguenave a disparu, mais son Fils-Aimé lui survit ;L’occupant s’en est allé, mais l’esprit de servitude sévit. Deux siècles de liberté proclamée, plus d’un siècle de tutelle intériorisée : à quoi donc a servi l’indépendance, si gouverner consiste encore à obéir ? Repères

Deux fauteuils, une même servitude : de Dartiguenave à Fils-Aimé, le siècle des révérences
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10 octobre 2026
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Deux fauteuils, une même servitude : de Dartiguenave à Fils-Aimé, le siècle des révérences

  • by Rezo Nodwes
  • 10 octobre 2026
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Dartiguenave a disparu, mais son Fils-Aimé lui survit ;
L’occupant s’en est allé, mais l’esprit de servitude sévit.

Deux siècles de liberté proclamée, plus d’un siècle de tutelle intériorisée : à quoi donc a servi l’indépendance, si gouverner consiste encore à obéir ?

Repères historiques : le Parlement fut dissous en 1917 sous la pression américaine, avant le référendum constitutionnel de 1918. Sous Jovenel Moïse, son fonctionnement cessa en 2020 faute de renouvellement électoral, sans dissolution formelle comparable. L’article 284-3 de la Constitution de 1987 interdit expressément sa modification par référendum.

Hier, Dartiguenave, sous la tutelle étrangère,
Fit dissoudre un Parlement réfractaire à l’occupant ;
En 1918, le référendum ouvrit la terre
À ceux dont les fusils dictaient le consentement.

Un siècle passe. Fils-Aimé, solennel et assis,
Parmi les uniformes, invoque l’indépendance ;
Le drapeau sur la poitrine, le pouvoir en sursis,
Il fait de la souveraineté un refrain de circonstance.

Sous Jovenel, faute d’élections, s’éteignit le Parlement ;
Par décrets, l’exécutif prétendit seul gouverner.
Fils-Aimé poursuit le rêve d’un dixième référendum, obstinément,
Quand l’article 284-3 vient formellement le prohiber.

Hier, les baïonnettes ; aujourd’hui, la corde invisible,
Qui soumet les consciences sans meurtrir les poignets ;
La servitude devient diplomatie, respectable et admissible,
Pendant que la faim et les gangs assiègent les foyers.

Deux portraits, une même interrogation devant l’Histoire :
Pourquoi tant de courbettes et si peu de pain ?
De Dessalines, que reste-t-il, sinon l’héroïque mémoire,
Quand le pouvoir dit « oui » ailleurs et « attendez » aux siens ?

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