En direct Jeudi 30 Juillet 2026
Culture

Diaspora/TPS :Le silence calculé de Lavalas et Fils-Aimé pour ne pas déplaire à Trump

Plus de 350 000 Haïtiens aux États-Unis vivent actuellement dans l’angoisse et la précarité. Bénéficiaires du Statut de Protection Temporaire (TPS), ils voient leur protection arriver à son terme après la décision de la Cour suprême validant la fin du programme. Ils perdent leurs autoris

Diaspora/TPS :Le silence calculé de Lavalas et Fils-Aimé pour ne pas déplaire à Trump
HaitiCreoleRadio.com

30 juillet 2026
Diaspora/TPS :Le silence calculé de Lavalas et Fils-Aimé pour ne pas déplaire à Trump 
Actualités Opinions Politique

Diaspora/TPS :Le silence calculé de Lavalas et Fils-Aimé pour ne pas déplaire à Trump 

  • by Rezo Nodwes
  • 30 juillet 2026
  • 0 Comments

Plus de 350 000 Haïtiens aux États-Unis vivent actuellement dans l’angoisse et la précarité.  Bénéficiaires du Statut de Protection Temporaire (TPS), ils voient leur protection arriver à son  terme après la décision de la Cour suprême validant la fin du programme. Ils perdent leurs  autorisations de travail, leurs emplois, et beaucoup se terrent par crainte des opérations de  l’ICE. Des familles sont déchirées, des enfants nés américains risquent de perdre leurs  parents, renvoyés vers un Haïti gangrené par la violence. Face à cette tragédie humaine qui  touche directement la diaspora haïtienne, le silence de Fanmi Lavalas et de son Premier  ministre Alix Didier Fils-Aimé est assourdissant. 

Ce mutisme n’est pas une simple omission. Il traduit un choix stratégique et cynique :  Lavalas, à travers Fils-Aimé, ne veut surtout pas contrarier ni mécontenter l’administration  Trump. Dans un contexte de transition politique haïtienne où les équilibres sont fragiles et où  Washington reste un acteur déterminant, toute critique ouverte du sort réservé aux Haïtiens  aux États-Unis risquerait d’être perçue comme une provocation à l’égard de la Maison  Blanche.  

Mieux vaut se taire que de risquer des tensions diplomatiques ou une réduction de la marge de  manœuvre sur le terrain haïtien. 

Ce pragmatisme frise le cynisme le plus froid. Lavalas et ses alliés continuent de cohabiter  avec les forces du PHTK et de la bourgeoisie traditionnelle pour jouir des finances et des  leviers de l’État. Or, qui maintient aujourd’hui l’économie haïtienne en vie ? Les transferts de  fonds de cette même diaspora menacée, qui injectent plusieurs milliards de dollars par an — près de 5 milliards en 2025 —, alimentant consommation, importations et réserves de change.  Sans ces ressources vitales envoyées par des travailleurs souvent exploités et aujourd’hui  terrorisés, Haïti s’effondrerait. 

La diaspora n’est pas seulement un filet de sécurité ; elle est le principal pilier économique du  pays. En restant silencieux pour ne pas froisser Trump, Lavalas semble lui adresser un  message implicite : « Envoyez l’argent sans faire de vagues, nous gérons le pouvoir ici. »  C’est une manière particulièrement ingrate de « remercier » ceux qui, par leur sueur et leurs  sacrifices aux États-Unis, empêchent le naufrage total de la nation. 

Le contraste avec la position d’autres acteurs est criant. Des organisations américaines de  défense des migrants, des parlementaires démocrates et même certains républicains (comme  les sénateurs Whitehouse et Reed ou la représentante Ayanna Pressley) se mobilisent pour  prolonger le TPS via des initiatives bipartisans à la Chambre et au Sénat. Ils dénoncent les  risques humanitaires et les perturbations économiques. Pendant que Lavalas se tait à Port-au Prince pour ménager Trump, des élus américains se battent concrètement pour protéger les  Haïtiens. 

Ce silence interroge l’histoire du mouvement. Lavalas s’est longtemps présenté comme la  voix des laissés-pour-compte et a su mobiliser le soutien de la diaspora. 

Qu’est-ce qui a changé ? Le mouvement a-t-il renoncé à sa posture populaire pour devenir  une force de compromis, prête à sacrifier la solidarité avec ses compatriotes d’outre-mer afin  de préserver ses intérêts immédiats et d’éviter le courroux de Washington ? Ou est-ce la  diaspora qui, déçue, attend désormais autre chose qu’un silence complaisant ?

La question est posée. En choisissant de ne pas contrarier Trump, Lavalas trahit non  seulement des centaines de milliers de familles haïtiennes en détresse, mais aussi ses propres  principes historiques. La vraie souveraineté ne consiste pas à courber l’échine devant  l’administration américaine pour garder quelques miettes de pouvoir, mais à défendre  dignement tous les Haïtiens, où qu’ils se trouvent.  

Le silence calculé d’aujourd’hui risque de coûter très cher demain en crédibilité et en  légitimité. La diaspora, elle, continue de porter Haïti à bout de bras. Elle mérite mieux qu’un  mutisme opportuniste.

Article précédent Haïti - FLASH : Début des opérations d’inscription des élect… Article suivant Espagne : plus de 1 500 personnes sont arrivées depuis le Ma…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !