Vidéo. “Dogue” ou “Vogue” : les chiens sauveront-ils la mode ?
Pour cette rentrée, Bad Bunny est en couverture de Dogue, la déclinaison canine de Vogue, avec son beagle de 4 ans : Sansa. Pour la troisième année consécutive, le célébrissime magazine de mode publie une édition spéciale sur les chiens.
Mais pour le quotidien britannique The Guardian, le succès des couvertures de Dogue est le signe que quelque chose ne va plus dans la presse fashion.
Explications en vidéo.
Dogue pourrait bien se faire une place parmi les meilleures publications de la rentrée. Mais il est déjà le sujet d’une bataille juridique. Car il existe un autre magazine Dogue, en papier celui-là, fondé en 2019 et qui est distribué à moins de 100 exemplaires par mois.
Selon Condé Nast, l’éditeur de Vogue, Tasty Work, l’éditeur de Dogue, “a sciemment utilisé ce nom pour faire croire aux lecteurs que cette publication avait un rapport avec le célèbre magazine”, rapporte le site américain Bloomberg.
The New York Times raconte également que “dans leur plainte, les avocats du groupe affirment que le logo de Dogue vise ‘de manière évidente’ à induire les lecteurs en erreur en laissant croire à un lien entre les deux magazines. Continuer de publier Dogue nuit à la réputation de Vogue, et ‘risque de causer un préjudice irréparable à Condé Nast’”.
La fondatrice de la version papier de Dogue, elle, “estime que l’enjeu va bien au-delà du simple droit de photographier un chihuahua en col roulé”, écrit le grand quotidien de la côté Est.
“L’art et la cultureont toujours évoluégrâce à la réinterprétationet au dialogue. Pour moi,ce combat va plus loin :je ne défends pas seulementmon travail et mon équipe,mais aussi les autres créateursindépendants.”
Olga Portnaya, graphiste et photographe, fondatrice de Dogue, dans le quotidien américain The New York Times
La plainte de Condé Nast demande que Dogue paie des dommages et intérêts et lui remette tous les exemplaires papier “pour mise au pilon”. Selon le New York Times, l’éditeur de Vogue a indiqué par e-mail avoir essayé de régler le problème à l’amiable, sans succès.
“Selon le représentant de la marque, la publication d’Olga Portnaya utilise des photos de Vogue sans autorisation. Or Condé Nast prend très au sérieux les atteintes à la propriété intellectuelle”, explique le journal américain.
“Les deux magazines ont cohabité sans problème jusqu’en 2024, année où Condé Nast a manifesté un regain d’intérêt pour les toutous”, ajoute l’article.
En octobre 2025, le magazine de mode envoie “une mise en demeure lui demandant de changer le nom de son magazine”. Condé Nast s’oppose également à l’enregistrement de la marque “Dogue”, déposée par Olga Portnaya en 2022.
Toute la question est de savoir si un consommateur peut croire que Dogue version papier bénéficie du soutien ou est affilié à Vogue.
Dans tous les cas, cette dispute juridique risque de durer longtemps, ce qui rend les choses beaucoup plus coûteuses. Olga Portnaya a donc lancé une cagnotte, qui a récolté 6 000 dollars (environ 5 100 euros).
Reste à savoir si les chiens de stars seront privilégiés face aux chiens anonymes d’un magazine dont le tirage n’égale pas une fraction de celui de Vogue.
Finalement, même si les canidés sont épargnés des pressions infligées aux humains, peut-être qu’ils n’échappent pas, malgré eux, à d’autres problématiques du monde moderne.⏤
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