42 000 hectares partis en fumée en quelques jours dans les Landes et en Gironde, 200 000 personnes évacuées. Fin juillet, il était impossible en France de parler d’autre chose que de ces gigantesques incendies, fruits d’une sécheresse et d’une chaleur sans précédent. Fruits de la bêtise et de la négligence humaines, aussi.

L’Espagne elle aussi était alors en flammes. Et depuis, c’est au tour de la Grèce, des Pays-Bas, des États-Unis, du Canada… de lutter contre ces brasiers. Après trois semaines de pause dans la parution de notre hebdomadaire, il nous paraissait essentiel de revenir sur ces événements.

Car le constat, c’est que nous sommes bien entrés dans l’ère du pyrocène.

C’est simple, explique un chercheur dans l’hebdomadaire scientifique New Scientist, “nous sommes sur le point d’aborder une nouvelle ère de gigantesques incendies, que l’Europe n’avait jamais connus jusque-là en raison de l’efficacité de ses méthodes de lutte et de prévention”.

La question n’est plus de savoir si les incendies vont se déclencher, ni quand, mais de trouver des solutions pour mieux les anticiper et les combattre. C’est tout l’objet de notre dossier. De l’Australie à l’Allemagne, des États-Unis à l’Indonésie, partout on cherche à agir sur ces paramètres qui rendent le feu incontrôlable. Die Zeit, en Allemagne, rappelle à quel point ce qui se passe en France préfigure ce qui se passera en Allemagne et en Europe du Nord. Et il est encore temps d’agir, estime l’hebdomadaire de Hambourg : “C’est l’hiver que se joue la lutte contre les grands feux de forêt. C’est à ce moment-là qu’il faut creuser des tranchées dans les bois, et prévoir l’aménagement de parcelles moins inflammables – vignobles, vergers, terrains de sport.”

Au lieu de vouloir supprimer les feux, l’Europe doit s’engager sur une autre voie, souvent difficile : l’aménagement du territoire pour le rendre plus résilient face aux flammes, assène encore New Scientist. Et, surtout, ne pas sombrer dans la résignation, s’emporte le quotidien espagnol ABC. “Personne ne conteste que le climat puisse accentuer l’intensité et la fréquence de certains événements extrêmes. Mais on sait aussi depuis des décennies que, s’il est impossible d’éviter tous les départs de feu, on peut en freiner la propagation et en limiter la portée grâce à une vraie gestion forestière. Une gestion qui brille aujourd’hui par son absence.”

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