Le président des Etats-Unis a proposé, mercredi 2 septembre, de rebaptiser le détroit d’Ormuz « détroit Trump », quelques jours après avoir signé un décret pour changer le nom du lac Ontario, situé à la frontière canadienne, et lui donner celui de « lac Amérique ».
« Maintenant que nous en avons le contrôle, devrions-nous rebaptiser le détroit d’Ormuz “détroit Trump” ? », écrit Donald Trump sur sa plateforme, Truth Social.
Ce passage maritime stratégique est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines en Iran. Les Etats-Unis ont imposé en réaction un blocus des ports iraniens.
A la mi-août, le président américain a publié une carte du détroit le présentant comme un « nouveau territoire américain », reprenant une idée qu’il avait exprimée quelques jours auparavant sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie. Ce n’était pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lançait ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d’annexion d’un territoire étranger.
Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le « cinquante-et-unième » Etat américain, de s’emparer du Groenland et a même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l’acte. Il a aussi rebaptisé en janvier 2025 le Golfe du Mexique « Golfe de l’Amérique », une décision contestée par Mexico.
Sa remarque concernant le détroit d’Ormuz survient alors qu’une issue pacifique au conflit avec l’Iran semble lointaine. A la mi-juin, les deux belligérants ont signé un protocole d’accord censé ouvrir la voie à un règlement durable, qui n’a rien donné. Après un mois de calme, les hostilités viennent de reprendre avec des bombardements américains près du détroit d’Ormuz et des représailles iraniennes contre des intérêts américains au Moyen-Orient. Washington et Téhéran posent des conditions, a priori irréconciliables, à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce de pétrole mondial.