. Benoît Grémare, La dissuasion avancée. Le parapluie nucléaire français pour l’Europe
Le 2 mars 2026, Emmanuel Macron a surpris son auditoire lors de son second discours sur la dissuasion nucléaire en annonçant une augmentation de l’arsenal nucléaire français tout en dévoilant le nouveau concept de dissuasion avancée. Ce tournant majeur est possible en actant la fin de la stricte suffisance de l’arsenal nucléaire français de manière à l’étendre à l’Europe, en revenant à l’ambiguïté stratégique sur la base d’un nouveau calibrage des stocks, ce dans le but de préparer le positionnement des forces nucléaires françaises dans des pays européens alliés.
. Jean-Sylvestre Mongrenier, Sur la dissuasion nucléaire élargie en Europe
L’élargissement des stratégies nucléaires française et britannique au continent européen demeure hypothétique. Il reste qu’une telle perspective s’inscrit dans celle d’une européanisation de l’OTAN et, plus largement d’un partage du fardeau entre les deux rives de l’Atlantique Nord (le fameux « burden sharing »). D’autant plus que la conjoncture semble confirmer l’entrée dans un nouvel âge nucléaire anticipé par Thérèse Delpech, qui évoquait une ère de piraterie stratégique, dans laquelle les gesticulations à des fins d’intimidation, voire de coercition (la « sanctuarisation agressive »), prendront une importance grandissante. Alors que le président de la République française Emmanuel Macron fait le 2 mars 2026 un important discours de doctrine, J-S Mongrenier apporte un précieux éclairage contextuel.
. Cyril Gloaguen, Le couple SNLE Borey-missile Bulava, une histoire de la Force océanique stratégique (FOST) russe
Dans le contexte stratégique présent, il est précieux de disposer d’une approche documentée de la situation de la Force océanique stratégique russe. Ce document est exceptionnel tant par la qualité et la quantité d’informations à propos de la dissuasion nucléaire russe dans sa dimension navale que par la précision de l’expression. C’est à la fois une mine d’or et une leçon de méthode.
Malgré l’entrée en service à la fin des années 2010 du missile Bulava et de son SNLE porteur de la classe Borey, le retard qualitatif, quantitatif et, surtout, technologique de la FOST russe sur son adversaire américain, mais aussi demain chinois [1], non seulement ne devrait pas se réduire, mais pourrait s’amplifier en raison du fléchage des budgets militaires opéré depuis plus de trois ans vers les armées de Terre et de l’Air, qui contrairement à une Marine (VMF) très marginalisée, constituent le moteur même de l’ « opération militaire spéciale » (SVO) en Ukraine. Il n’est pas impossible que dans les années à venir, la Marine russe (VMF) se retrouve ainsi devant le choix cornélien de devoir arbitrer entre la modernisation de ses flottes de surface et de sous-marins d’attaque, encore très dépendantes de bâtiments construits sous l’URSS, et celle de son parc de SNLE …
. François Géré, Quelle stratégie nucléaire européenne ?
Française ou européenne, la stratégie de dissuasion nucléaire n’échappe pas à une règle absolue : elle n’est pas une fin en soi mais un moyen de la politique en sorte que l’on ne saurait mettre la charrue atomique avant les bœufs politiques.
. Cyril Gloaguen, Stratégie. Portrait possible du missile russe Oreshnik tiré sur l’Ukraine le 21 novembre 2024
Que dire d’un missile dont on ne connaît rien, sinon le nom et une mauvaise vidéo montrant, en pleine nuit, des projectiles de nature inconnue retombant au sol à très grande vitesse ? En réintroduisant ce type de missile dans son arsenal stratégique, la Russie a ouvert une porte par laquelle les autres États dotés de l’arme nucléaire, Etats-Unis en tête, mais aussi la France et la Grande-Bretagne, pourraient être tentés de s’introduire (phénomène SS-20 vs Pershing) au risque - alors que les grands accords internationaux stratégiques sont à terre - de relancer la course aux armements, singulièrement sur le théâtre européen, plus de trente ans après la fin de la Guerre froide.
. AB Pictoris, Carte. OTAN – Russie : deux exercices de dissuasion nucléaire quasi-simultanés. Comment et pourquoi ?
Steadfast Noon 2022 et Grom 2022 peuvent être considérés comme des démonstrations de force entièrement assumées de la part de l’OTAN et de la Russie, mais aussi comme une manière d’avoir réussi à garantir l’efficacité de sa dissuasion nucléaire, à la vue du remous massif que la tenue de ces deux exercices ont engendré dans l’espace médiatique. Avec une carte commentée, comprenons les enjeux et les enseignements de cette singulière deuxième quinzaine d’octobre 2022.
Le titre complet de la carte est : « Deux exercices de dissuasion nucléaire quasi-simultanés : l’exercice otanien « Steadfast Noon » (17-30 octobre 2022) et l’exercice russe « Grom » (26-29 octobre 2022) ». Carte grand format en pied de page au format JPEG et au format PDF haute qualité d’impression. Vous pouvez ainsi télécharger, imprimer, afficher et même partager.
. AB Pictoris, Carte. OTAN. « Steadfast Noon 2022 », un exercice de dissuasion nucléaire otanien sous haute tension
En octobre 2022, l’annonce de plusieurs notices aux aviateurs par la Russie au-dessus de zones maritimes proches du périmètre de l’exercice otanien Steadfast Noon, en plus du déplacement de certains bombardiers dans les deux mois précédant la tenue de cet exercice, est intéressant. Bien qu’il paraisse un peu alarmiste de supposer que Moscou pourrait procéder à des essais nucléaires lors de la tenue d’un tel exercice par une alliance militaire contre laquelle elle semble avoir déclaré une véritable guerre, il est possible d’envisager ces actions comme une réelle démonstration de force dans un contexte déjà très tendu entre la Russie et l’OTAN.
. R. Gottemoeller, La résurgence des intimidations nucléaires et la pression qui en découle sur les stratégies de dissuasion nucléaire
Rose Gottemoeller est diplomate américaine, ancienne secrétaire générale adjointe de l’OTAN et première femme à occuper ce poste. Diplômée de l’université de Georgetown elle a notamment été négociatrice en chef du traité New Start (entré en vigueur le 5 février 2011) et entreprend en Sorbonne de nous parler de la dissuasion intra-guerre dans le cadre de la guerre russe en Ukraine.
. Web radio Diploweb. Estelle Ménard, La dissuasion nucléaire d’hier à aujourd’hui
Une émission réalisée par Estelle Ménard à partir d’entretiens conduits dans le cadre du colloque « Résistance et Dissuasion, des origines du programme nucléaire français à nos jours », organisé par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) le 5 octobre 2017 à la Bibliothèque François Mitterrand, Paris. Entretiens avec Maurice Vaïsse, professeur émérite des Universités ;
François Geleznikoff, directeur des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives ; Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique ; George-Henri Soutou, membre de l’Institut et professeur émérite des Universités ; Frédéric Gloriant, enseignant-chercheur à l’ENS-Ulm ; Jacques Godfrain, ancien ministre et président de la Fondation Charles de Gaulle.
. Benoît Grémare, Dissuasion nucléaire française et Constitution de la Cinquième République : l’enjeu des lois de programmation militaire
La force de frappe française et son objet qu’est l’arme nucléaire a nécessité la création des lois de programme militaire. Cependant, elle ne dispose pas d’une loi organique alors même que le dernier alinéa de l’article 34 de la Constitution est rédigé en précisant que : « les dispositions du présent article pourront être complétées par une loi organique ». En conséquence, défend l’auteur, la force de frappe française nécessite encore une loi organique qui achèverait sa constitutionnalisation.
. Vidéo. CSFRS. Les dissuasions
Cette vidéo propose une synthèse du thème central abordé lors des IXe Assises Nationales de la Recherche Stratégique. Vous y verrez quatorze des vingt intervenants de cette journée.
Par ordre d’apparition : Alain Bauer, président du CSFRS ; Eric Danon, directeur général adjoint pour les affaires politiques et de sécurité au Ministère des Affaires étrangères ; Général Bruno Maigret, commandant des « Forces Aériennes Stratégiques » ; Claire Landais, secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale ; Haïm Korsia, grand rabbin de France ; Mgr Antoine Romanet, évêque aux Armées ; Corentin Brustlein, directeur du centre des études de sécurité de l’IFRI ; Jean-Marie Collin, porte-parole de ICAN France ; Philippe Errera, diplomate ; Benoit d’Aboville, vice-président de la Fondation pour la Recherche Stratégique ; Général Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l’IRIS ; Andrei Baklitskiy (Russie), consultant au PIR Centre for International Security ; Général François Lecointre, chef d’Etat major des Armées ; Olivier Caron, directeur général du CSFRS.
. Jean-Marc Le Page, Louise Choquet, La menace nucléaire. Entretien avec J-M Le Page
Que nous apprend l’histoire au sujet de la dissuasion nucléaire ? Quelle est la place du renseignement dans l’histoire de la menace nucléaire ? Quelles sont les limites de la dissuasion nucléaire ? Louise Choquet s’entretient pour Diploweb avec Jean-Marc Le Page, auteur de "La menace nucléaire, de Hiroshima à la crise ukrainienne" publié aux éditions Passés Composés.
. Ilaria Parisi, Stratégie. Pour une histoire du traité FNI, de la crise des euromissiles à sa fin
Voici une remarquable mise en perspective de la fin de l’architecture sécuritaire du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI). Ilaria Parisi présente dans un premier temps le contexte politico-stratégique qui a produit cet accord : la crise des euromissiles entre 1977 et 1987. Ensuite, l’auteure analyse les enjeux de la négociation américano-soviétique qui aboutit au traité de 1987. Enfin, Ilaria Parisi esquisse les mutations dans le système international conduisant les Etats-Unis à se retirer du traité en 2019. Les alliés européens des États-Unis semblent avoir subi la décision américaine et attendent de savoir ce que Washington voudra faire de cette marge de manœuvre retrouvée vis-à-vis des FNI. La fin du traité sur les FNI amène donc les responsables politiques et la communauté stratégique à s’interroger sur l’avenir du régime de la maîtrise des armements dans sa globalité.
. Ivan Sand, Comment les Israéliens ont-ils anéanti le programme nucléaire syrien de Bachar Al-Assad ?
En faisant des allers-retours entre Washington et Jérusalem, Yaakov Katz livre un récit palpitant des débats qui ont conduit l’armée israélienne à détruire un réacteur nucléaire construit en secret par le régime syrien. Yaakov Katz, Shadow Strike : Inside Israel’s Secret Mission to Eliminate Syrian Nuclear Power, New York, St. Martin’s Press, 2019.
. Etude. François Géré, Général Lucien Poirier : une oeuvre stratégique majeure
Dans le cadre de sa série consacrée au grands stratèges français, François Géré présente une étude richement documentée, puissamment pensée et clairement rédigée de l’oeuvre du général Lucien Poirier (1918-2013). Il présente successivement l’arme nucléaire comme une rupture dans le continuum de la violence armée organisée (I) ; Un savoir stratégique pour quoi faire ? (II) ; La stratégie dans toutes ses dimensions (III).
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