LETTRE DE JOHANNESBURG
Les Sud-Africains font-ils encore confiance à la police ? Préoccupés par la forte progression de la criminalité, ceux qui le peuvent vivent entourés de hauts murs surmontés de barbelés dans des quartiers quadrillés par des compagnies de sécurité privées. Et, en cas de cambriolage, moins de la moitié d’entre eux appellent les forces de l’ordre, révèle une récente étude. D’après les chiffres publiés le 1er septembre par Statistics South Africa, l’institut national de statistiques, au cours de l’année 2025-2026, 1,08 million de foyers ont été victimes de cambriolages, soit 5,3 % de l’ensemble des ménages. Parmi eux, 51,8 % n’ont pas contacté les autorités, convaincus, pour la majorité, que « la police ne pourrait rien faire », par manque d’efficacité ou de preuves.
« De plus en plus, dans les quartiers résidentiels ou les commerces, les compagnies privées sont les premières sur les lieux en cas de problème. Elles peuvent alerter un véhicule à quelques minutes d’un client alors que les délais d’intervention de la police peuvent varier considérablement en fonction des ressources, de la charge de travail et du lieu », souligne le militant anticriminalité Yusuf Abramjee.
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