Il ne se souvient pas d’avoir vu autant de violences policières par le passé. Elson Jaçaj, infirmier de 42 ans et responsable d’une clinique privée à Tirana, la capitale de l’Albanie, se dit choqué par la façon dont les forces de l’ordre traitent les manifestants, pour la plupart des étudiants, qui réclament la démission du premier ministre socialiste, Edi Rama, de meilleures conditions de vie et la fin de la corruption. « Les policiers ne devraient pas traiter les gamins comme des adultes », s’indigne-t-il en préparant du matériel médical dans sa clinique, ce vendredi 16 octobre.
Les manifestations, quotidiennes depuis le 31 mai et jusqu’ici pacifiques, se sont brutalement durcies depuis que des milliers d’étudiants ont rejoint le mouvement, le 13 octobre, en réaction à « l’indifférence » et au « mépris » du chef du gouvernement, au pouvoir depuis treize ans. Malgré les dégradations commises par des manifestants contre des bâtiments publics et des biens privés, la façon dont la police réagit – avec des canons à eau, des coups de matraque, des altercations parfois musclées, des gaz lacrymogène et, selon certains manifestants, des jets de pierres – choque de nombreux Albanais, jusqu’ici plus enclins à voir en la police un garant de leur sécurité.
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