Durant 800 ans, sur la péninsule Ibérique, les musulmans ont régné sur un vaste territoire appelé “Al-Andalus”. De cette époque, achevée avec la reconquête de Grenade par les catholiques, il ne resterait plus rien que des monuments. Mais est-ce vrai ? En Andalousie, les gestes du quotidien et les mémoires familiales racontent une autre histoire, écrit dans “New Lines Magazine” la journaliste franco-algérienne Chahrazade Douah.
À Cordoue, il se pratique encore dans certaines familles un rituel de naissance très particulier : les femmes de la maison bercent le bébé derrière la porte d’entrée, à l’abri des regards indiscrets, et coupent délicatement ses premiers ongles tout en lui chantant de douces mélopées flamencas. Après quoi elles apportent les ongles aux proches dans une petite boîte en bois, que la famille remplit de pièces de monnaie pour consacrer l’enfant.
En soi, ce rituel pourrait passer pour une étrange coutume locale, mais certains lui attribuent une signification bien plus profonde. C’est Antonio Manuel, poète, écrivain et professeur de droit de 56 ans, qui m’a fait découvrir cette tradition. Il a passé une bonne part de sa vie à étudier l’empreinte silencieuse que des siècles de domination musulmane ont laissée sur sa ville natale. Des Andalous de tous âges et de tous horizons, curieux de leur propre histoire, se pressent en rangs serrés à ses conférences, qui affichent toujours complet.
Selon lui, d’innombrables traditions andalouses héritées d’Al-Andalus [nom donné aux territoires qui sont restés durant huit siècles, de 711 à 1492, sous domination musulmane] – ont réussi à résister envers et contre tout à cinq cents ans d’effacement.
Des rémanences séculières
Ce Cordouan fier de ses ori
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Sans engagement • Résiliable en ligneCréé en 2020, ce site installé à Washington émane du think tank américain New Lines Institute for Strategy and Policy. Le rédacteur en chef du site, Hassan Hassan, grand spécialiste de l’État islamique et coauteur du best-seller État islamique. Au cœur de l’armée de la terreur (en français aux éditions Hugo Doc), n’est autre que le directeur du think tank. Au départ consacré au Moyen-Orient, New Lines Magazine a rapidement élargi son spectre, mais sans abandonner son envie première : celle de donner la parole à des journalistes qui connaissent intimement le sujet de leurs articles, qu’il s’agisse désormais “d’une ligne de front en Ukraine, d’une agglomération dans la région chinoise du Xinjiang, d’une province en Syrie ou d’une ville aux États-Unis”. Il se présente aujourd’hui comme un “magazine local sur l’actualité mondiale”.
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