Le Japon voulait marquer les esprits. Il y est parvenu. Six minutes ont suffi à son missile antinavire Type 88, employé pour la première fois hors de l’Archipel, pour envoyer par le fond sa cible : un ancien patrouilleur ancré à 75 kilomètres des côtes, dans le nord des Philippines.
Ce tir, le 6 mai, a constitué l’un des temps forts de Balikatan, ainsi que sont nommées les grandes manœuvres annuelles réunissant les Etats-Unis et les Philippines. L’armée nippone y avait déployé 1 400 militaires – dix fois plus qu’en 2025. « Ils nous ont montré ce dont ils étaient capables, et nous avons beaucoup appris d’eux », a salué le major général Francisco Lorenzo Jr, de l’armée philippine.
Le choix des sites de Balikatan n’avait rien d’anodin. Les verdoyantes îles Batanes, à l’extrême nord de l’archipel philippin, se trouvent à moins de 200 kilomètres de Taïwan, de l’autre côté du détroit de Luçon. Ce passage stratégique entre la mer de Chine méridionale et le Pacifique est au cœur du jeu de faux-semblants que se livrent Américains et Chinois, dont une nouvelle partie doit se jouer le 24 septembre, à Washington, lors d’un sommet attendu entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping.
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