La machine répressive du régime azerbaïdjanais a resserré cet été les mailles du filet. Après les opposants et les journalistes indépendants, durement réprimés au cours des deux dernières années, c’est au tour d’influenceurs apolitiques de faire l’objet d’arrestations en série par un pouvoir déterminé à museler la société civile.
Fin juillet et début août, les autorités de cette ex-république soviétique de près de 10 millions d’habitants très majoritairement musulmans ont interpellé une dizaine d’influenceurs populaires sur le réseau social chinois TikTok, dans le cadre de procédures administratives. Les tribunaux les ont condamnés à des peines d’emprisonnement de courte durée, entre deux semaines et un mois.
Relayés par des médias sous leur contrôle, les dirigeants de l’appareil répressif ont indiqué que ces arrestations étaient motivées par un « manque de respect évident envers la société », une « atteinte à la morale publique » et des comportements jugés « contraires aux valeurs nationales et morales ».
« Serrage de vis général »
La phraséologie très conservatrice traduit une évolution du pouvoir azerbaïdjanais, monopolisé par le clan Aliev depuis 1993. Bien qu’il ne tolère aucune dissension politique, l’actuel président, Ilham Aliev, âgé de 64 ans, au pouvoir depuis 2003, s’efforçait de présenter son pays comme une république laïque par opposition à l’Iran, son voisin du sud. Toujours flanqué de son épouse « vice-présidente » à la longue chevelure et habillée à l’occidentale, Ilham Aliev a toujours pris soin de projet une image moderne, contrastant avec celle de son homologue turc et plus proche allié, Recep Tayyip Erdogan.
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